Antoine de Maximy: « Même à la maison, je parle tout seul »

Le globe-trotteur qui se tape l'incruste est de retour. Harnaché à sa caméra, il nous emmène chez les habitants de sept nouveaux pays. Mais pourquoi au fait?

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Lassé des contraintes imposées par les chaînes de télévision, Antoine de Maximy créait sa propre émission en 2004 au titre aussi juste qu'évocateur: J’irai dormir chez vous. Depuis, plusieurs fois par an, il tient parole seul dans un pays étranger à la rencontre des autochtones. En essayant, tant bien que mal, de squatter leur canapé. Rencontre avec l'audacieux quinqua à la chemise rouge.

C’est la reprise de J’irai dormir chez vous. Comment ça va?

ANTOINE DE MAXIMY – Je suis serein. C’est plus une reprise pour le téléspectateur que pour moi. Perso, je n’arrête jamais vraiment. J’ai tourné les nouveaux épisodes en Allemagne, Namibie, Espagne, Cap-Vert, Birmanie, Argentine, Californie…

Pourquoi ces pays-là?

A.d.M. – J’avais envie d’y aller, tout simplement (rire). Je réponds juste à mes envies. A un moment donné je veux aller à tel endroit, à telle période, c’est comme ça. Etant donné qu’il faut très peu de temps pour préparer une émission, c’est assez facile.  

Et vous partez toujours seul…

A.d.M. – Oui, je m’en sors bien tout seul. Je touche à tout puisque j’ai déjà été réalisateur, présentateur, ingénieur du son et caméraman. Donc, je suis cap et polyvalent. Je pourrais bien m'adjoindre un compagnon de voyage mais je pense que cela enlèverait une partie de la légèreté du programme. Là, je peux changer d’avis comme je veux, je vais à droite ou à gauche, sans me poser de question. Les rencontres sont plus imprévues aussi, c’est tout seul que l’on voit des choses que l’on n’aurait pas vues autrement.

Et si vous étiez une femme?

A.d.M. – Les choses seraient tout à fait différentes. Ce n’est pas impossible à faire pour une femme, mais elle ira plutôt à la rencontre de familles ou d’autres femmes. Comme moi d’ailleurs, je rencontre plus d’hommes, parce que les gens se méfient, tout le monde pense à ce qui pourrait arriver. Une femme ira à d’autres endroits, elle ne prendra pas les mêmes risques.

Vous avez déjà vécu des situations risquées?

A.d.M. – Bizarrement, pas vraiment. Peut-être juste en Bolivie où une femme a essayé de me faire monter dans un taxi pour vraisemblablement me dépouiller.

Mais vous ne vous êtes pas fait avoir!

A.d.M. – J’ai 55 ans et je voyage depuis plus de 30 ans, donc j’ai de l'expérience et certaines connaissances. Dès que j’arrive quelque part, je parle du pays avec les gens à l’aéroport, etc., et je commence à savoir des choses. J’ai trop l’habitude de voyager pour tomber dans des pièges grossiers.

Il vous arrive quand même d’avoir peur?

A.d.M. – Bien sûr, il faut se méfier. Il y a régulièrement des surprises. Par exemple, en Nouvelle-Orléans, quand j’ai tourné le long métrage J’irai dormir chez vous à Hollywood. Je me suis retrouvé dans le mauvais quartier noir de la ville, où j’ai croisé un Noir qui lui-même m’a dit qu’il n’allait pas là-bas. Un mec est venu s’asseoir à côté de moi et a pris ma caméra en main, là j’ai eu peur.

Qu’est-ce qui est le plus difficile pendant vos voyages?

A.d.M. – C’est énormément de travail, donc beaucoup d’énergie. Mais je ne crois pas qu’il y ait quelque chose de difficile en particulier…

Même parler tout seul comme vous le faites à votre caméra?

A.d.M. – Je ne me force pas du tout, je parle déjà tout seul quand je suis à la maison (rire). Sauf que là j’ai l’impression d’être moins débile parce que j’ai une raison de parler tout seul, tandis que chez moi, ça fait un peu grand-mère (rire).

Vous n’avez jamais baissé les bras?

A.d.M. – Non, je ne suis jamais rentré plus tôt en France. Ça a été dur quand j’ai fait Burning Man. Cela faisait deux mois que j’étais tout seul aux Etats-Unis et j’en avais marre, je voulais rentrer en Guadeloupe, rejoindre ma fille.

Mais vous ne l’avez pas fait…

A.d.M. – Non, par amour du travail bien fait. Quand je pars, mon but c’est de revenir avec un film. J’ai envie de le finir, même s’il y a des pays où c’est dur, par exemple aux Emirats arabes unis ou au Japon, à cause du fossé culturel. Mais je m’y attendais. En Australie, j’ai eu un peu de mal aussi, les gens étaient déstabilisés par ce que je faisais. Mais c’est bien aussi quand ce n’est pas facile tout de suite.

Vous partez aussi à l’étranger quand vous êtes en vacances?

A.d.M. – Pas trop. Pendant les vacances on fait généralement ce que l’on n’a pas le temps de faire le reste de l’année. J’ai tendance à ne pas partir parce que cela me saoule. Je préfère aller visiter mes copains.

Et dormir chez eux!

A.d.M. – Oui! Comment vous avez deviné? (Rire.)

Est-ce que les gens pourraient venir dormir chez vous?

A.d.M. – Tout dépend de la personne. Ce n’est pas un principe d’accepter quelqu’un. Si le mec est sympa, marrant et que la mayonnaise prend, pourquoi pas? C’est pareil pour moi quand je vais chez les autres. S’il n’y a pas une certaine magie qui s’installe, les gens n’ont pas envie que je vienne.

Est-ce que vous fréquentez d’autres baroudeurs de la télévision?

A.d.M. – Pas vraiment, j’ai vu Nicolas Hulot deux fois, j’ai croisé Nicolas Vanier l’autre jour. J’ai aussi déjà vu Frédéric Lopez. Mais est-ce que c’est un aventurier, je ne sais pas… J’ai aussi croisé Jérôme Delafosse. Personnellement, j’ai plus de feeling avec les techniciens de leurs émissions, parce que je viens de là moi aussi, de la technique.

Ah oui?

A.d.M. – Ma vie avant J’irai dormir chez vous est séparée en trois parties. J’ai fait des reportages de guerre puis du cinéma animalier et enfin des films d’expédition scientifique. Donc j’ai accumulé pas mal d’expériences.

Vous retourneriez à vos premières amours si l’émission s’arrêtait?

A.d.M. – Je ne pense pas que je referais des reportages, à moins d’avoir un sujet qui me tienne particulièrement à cœur. Je ferais quelque chose de nouveau, de la fiction peut-être, sinon j’aurais l’impression de régresser.

Quel avenir pour J’irai dormir chez vous?

A.d.M. – Je pense aller en Equateur, il y a encore plein de pays dans lesquels je ne suis pas allé. Mais je ne le dis pas à l'avance parce que je change d’avis très souvent. Le seul truc que je fixe, ce sont les dates de tournage, parce qu’il faut prévoir le temps de montage après, donc cela concerne d’autres gens. Par contre pour la destination, je me décide souvent une semaine avant.

Tout ça, toujours avec votre chemise rouge…

A.d.M. – Tout à fait. A la base, l’idée c’était d’avoir la même chemise pour un épisode afin d’éviter les problèmes de raccord au montage. La production a décidé que cela serait mieux d’avoir une seule couleur pour qu’elle devienne emblématique, ils ont choisi une chemise rouge. Et ça a marché.

J'IRAI DORMIR CHEZ VOUS

CHAQUE SAMEDI DES LE 11/10 FRANCE 5 18H05

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