Anna Karénine

Comment revisiter un monument de la littérature russe sans ennuyer le spectateur du XXIe siècle?

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Spécialiste des adaptations littéraires réussies, le réalisateur britannique Joe Wright (Orgueil et préjugés, Reviens-moi) semble avoir trouvé la bonne formule.

Plonger Tolstoï dans une mise en scène spectaculaire, affranchie des codes classiques de la reconstitution historique. Et embarquer son actrice fétiche dans un tourbillon de décors et de sentiments extrêmes.

Construite comme une chorégraphie, son Anna Karénine se découvre comme un somptueux ballet symphonique, à travers un énorme studio transformé en théâtre. Dans le rôle de la femme du monde perdue entre adultère et affres de la passion, Keira Knightley subjugue par sa beauté. Face à elle, Jude Law étonne à contre-emploi en mari trompé, austère et rigide.

Dommage que l’amant (Aaron Johnson dans le rôle de Vronski) n’ait pas le charisme escompté. Il n’empêche que le parti pris du découpage théâtral et des scènes chorégraphiées donne à cette histoire tragique une résonance exceptionnelle.

Il était sans doute inutile d’utiliser le même procédé pour raconter l’histoire parallèle du couple secondaire (Levine – Kitty) censé représenter l’amour apaisé – et donc plus ennuyeux – que Tolstoï a pourtant cherché toute sa vie. Dans l’amour, certains se fracassent et d’autres pas. C’est ce que nous apprend magnifiquement cette Anna Karénine.

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Anna Karénine
Réalisé par Joe Wright. Avec Keira Knightley, Jude Law, Aaron Johnson, Emily Watson – 131’.

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