The Amazing Spider-Man

Très attendu, le premier volet de la nouvelle saga de l'homme-araignée sort aujourd'hui. Un blockbuster rajeuni, en 3D, sur le saut de l'enfance à l'adolescence.

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Cinq ans après le dernier volet de la trilogie Spider-Man de Sam Raimi, les studios Marvel relancent une nouvelle version de la célèbre franchise. Pari risqué pour les fans après le succès planétaire de Raimi, mais pari tenu car le résultat est franchement à la hauteur. Coup de cœur tout d'abord pour le casting, infiniment séduisant et frais. Inattendu dans cette catégorie, le discret Andrew Garfield (The Social Network, Never Met Me Go) campe un Peter Parker plus intello et sexy que le poupin Tobey Maguire. Et Emma Stone (La Couleur des sentiments) fait mouche en girlfriend énergique qui plaira aux garçons manqués. Ce casting rajeuni devrait séduire le public préadolescent, qui semble d'ailleurs être la principale cible (voir encadrés).

Côté scénario, l'idée de départ fonctionne. Raconter l'adolescence d'un des super-héros les plus célèbres des comics américains, qui a vu le jour au début des années 60 chez Marvel. On redécouvre donc un Peter Parker de dix-sept ans, skater taciturne et timide, tyrannisé par les copains du lycée et amoureux en secret de Gwen Stacy, la fille du shérif de New York. Piqué par une araignée alors qu'il enquête sur le laboratoire du docteur Connors (Rhys Ifans qui va se transformer en méchant lézard), Peter découvre ses nouveaux ennemis. Mais surtout un corps qui change et de nouveaux pouvoirs qui collent…

La saga (comme souvent dans les prequels – on pense à Batman Begins de Christopher Nolan) prend des allures de quête des origines parfois mélancolique, doublée d'une réflexion sur le passage de l'enfance à l'adolescence. Les métamorphoses de Peter Parker en homme-araignée sont autant d'étapes explicites vers la puberté. La découverte des giclées de toiles d'araignée ne nécessite pas de schéma, et Peter s'en sort plutôt bien avec tous ces trucs qui collent et, tant mieux, qui emballe les filles.

En plus de ces symboles super-adolescents, le film est un pur éblouissement visuel. Aux commandes, le clippeur et réalisateur Marc Webb (embauché pour les trois volets de la série) reste à la fois totalement fidèle à l'esprit des premiers comics (cadrages plongeants, lumières contrastées sur New York, ville du crime fantasmée) et insuffle un vrai vertige, qui n'est pas seulement dû à la 3D. Les scènes d'équilibre et d'envol de Spider-Man (autour du pont de Brooklyn ou lors de la somptueuse scène des grues à travers la skyline de Manhattan) se suffisaient amplement à elles-mêmes sans que la 3D n'y apporte rien. Mais l'accessoire plaira aux gamins. Tout ceci se double bien sûr d'inévitables aspirations morales propres à l'Amérique moderne (Peter découvre la différence entre le bien et le mal et décide de devenir un bon super-héros). Bref, Spider-Man compte bien rajeunir son auditoire. Et rester pour longtemps encore le super-héros préféré de l'Amérique.

The Amazing Spider-Man
Réalisé par Marc Webb (2012). Avec Andrew Garfield, Emma Stone, Rhys Ifans, Martin Sheen et Sally Field – 136'.

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