AlunaGeorge: Body Music

Le duo dégivrant du mois nous vient direct d'outre-Manche. Chronique d'un coup de foudre. Le premier passage (éclair) du combo londonien sur le territoire belge, aux Nuits Botanique en mai dernier, avait comblé toutes les attentes.

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 Fébriles, latentes, malgré la maigre poignée de morceaux qu'Aluna Francis et George Reid avaient laissés à entendre: le contenu de l'E.P. "You Know You Like It", et le dansant White Noise des frangins de Disclosure où la belle posait sa voix. Mais il y a des passions qui ne s'expliquent pas. Qui électrisent comme un premier contact peau à peau. Et la formation feu/glace d'AlunaGeorge avec l'extrait Just A Touch nous a fait cet effet-là. Comme deux pôles d'un aimant, le R&B langoureux d'Aluna, sorte d'Aaliyah british et 2.0, est venu se greffer aux beats chirurgicaux, métalliques, du poupon George pour former un alliage particulièrement homogène. Inspiré par les productions de Timbaland ou des Neptunes du début des années 2000, le duo ne se laisse pas si facilement catégoriser dans un style et insuffle également du glitch typiquement anglais et quelques variations mutines à la Destiny's Child dans ses bombes radiophoniques. Un va-et-vient permanent entre les expérimentations électro de 2013 et le hip-hop savoureux des nineties. Nommé à point, leur "Body Music" est à la croisée des genres, indescriptible, si ce n'est par l'envie qu'il donne aux corps de chalouper pour mieux se rapprocher sur la complainte sensuelle Friends To Lovers ou sur la très réussie plage d'ouverture Outlines. Refrains accrocheurs (Attracting Flies en tête), rengaines addictives, les titres s'enchaînent et ne se ressemblent pas. Sexy, on l'a compris, mais pourtant délicieusement naïves, les 19 perles qui composent ce premier album se consument en un clin d'œil… Replay.

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