Alexandre Dionisio: De Top Chef à chef coq

En 2010, Alexandre n'a pas gagné le jeu,mais bien un resto et une étoile au Michelin! Le chef belge livre sa recette du succès.

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Rue du Midi, Bruxelles. L’horloge affiche 18 heures et toujours pas l’ombre d’un chef en cuisine… La serveuse termine de dresser les tables, les commis s’activent, le pâtissier étale ses dernières tuiles. Mais où est donc le boss?

Avec une heure de retard, le voilà qui débarque. En trombe et le portable vissé à l’oreille. « Vraiment désolé, lâche Alexandre Dionisio. J’avais bien noté le rendez-vous, mais je l’ai complètement zappé! ». Logique. Le chef coq est désormais un homme public… Au sang toujours chaud et au parler toujours franc. Quand le second d’Yves Mattagne a été propulsé sur le devant de la scène, il s’est rapidement fait un (pré)nom. D’autant que Top Chef a été le gros carton culinaire de 2010. Avec des pics de 5 millions de téléspectateurs sur M6 et 30 % de part de marché sur RTL. Et les deux chaînes remettent le couvert dès ce 31 janvier, avec parmi les douze nouveaux candidats le Belge Adrien Clauwaert (voir ci-contre).

 L’an dernier, Alexandre aurait pu passer pour le petit Belge de service. Il a littéralement effacé les autres candidats en lice. Et s’il n’a pas été plus loin que les demi-finales, l’ancien du « Comme chez soi » a clairement capitalisé son passage télé pour prendre son envol. Immédiatement il ouvre son restaurant « Alexandre », et six mois plus tard décroche déjà une étoile au guide Michelin. Du jamais vu! Mais comment l’apprenti Top Chef est-il devenu chef coq? On a cuisiné la jeune toque étoilée…

Après avoir superbement négocié votre parcours dans Top Chef, vous ouvrez votre restaurant dans la minute. Déjà étoilé! Ne dites pas que vous n’aviez pas tout prévu…
Alexandre Dionisio.En tout cas, je ne m’attendais pas à une telle retombée médiatique! Le succès a été fulgurant. Aujourd’hui, j’essaie de me détacher de cette image publique. Mon métier, c’est chef coq. Pas people! Et je ne passe pas mes après-midi rue Neuve à attendre les demandes d’autographes…

On a pourtant l’impression que tout était planifié!
Oui et non… Je visais bien sûr la victoire et les 100.000 euros, mais je cherchais déjà une affaire à reprendre. Et puis, je suis tombé sur une « très bonne » faillite, rue du Midi. Tout s’est enchaîné très vite. Après l’émission, on a tout de suite attaqué les travaux. Un mois plus tard, on ouvrait le resto!

Un peu comme un élève de la Star Ac’ qui enregistrerait son premier album…
Cela n’a rien de comparable! Moi, je bosse dans ce métier depuis mes 15 ans. Et avant de passer à la télé, j’ai travaillé dans plusieurs restaurants étoilés dont le « Comme chez soi » et le « Sea Grill ». En gros, j’ai passé plus de la moitié de ma vie en cuisine! Que celui qui doute de moi vienne manger dans mon resto. Il jugera.

Et si vous n’aviez pas été médiatisé?
On aurait quand même trouvé l’argent! Ma médiatisation a clairement été un atout pour convaincre les banques, mais il ne faut pas se leurrer, on reste en période de crise et les investisseurs sont très frileux. L’étoile change encore un peu la donne et renforce ma crédibilité. Mais ma botte secrète, c’est ma copine Anca! Elle est ingénieur fiscaliste… Avec cinq euros sur un compte, elle peut faire des miracles!

[…]

Pensez-vous que la notoriété télé vous a hissé vers votre première étoile?
C’est clair qu’ils se sont intéressés à moi parce que j’ai été médiatisé. Mais après avoir fait le coq à la télé, il fallait que je fasse vraiment le chef coq. Les redoutables critiques du Michelin viennent voir l’assiette, pas le candidat d’une émission de téléréalité. Et si je sais qu’ils lisent absolument tout ce qui est écrit sur un chef avant de le tester, je sais aussi qu’ils se sont rendus dans mon restaurant à six reprises! Cette étoile n’est pas volée…

Quelle a été votre recette pour apprivoiser la téléréalité?

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