Alex Hepburn – Together Alone

"Si vous voulez entendre des chansons heureuses, allez voir chez Britney", lâche Alex Hepburn dans un français presque parfait qui sera seulement émaillé de quelques "fuck" ou "no bullshit".

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Alex Hepburn? C’est la délicieuse propriétaire de la voix éraillée qui déclame le poignant Under, l’un des tubes radio du printemps.

Née en Ecosse voici vingt-sept ans, installée ensuite à Londres et puis dans le sud de la France avant un retour outre-Manche, cette artiste au caractère trempé signe avec "Together Alone" un premier disque en forme de carnet de bord d’une existence tourmentée.

Et s’il est vrai que Under, ballade post-rupture, Miss Misery (le surnom qu’elle s’est donné pendant son adolescence) ou Bad Girl sont des chansons pleines de désespoir, la belle insuffle tellement d’émotion et de pudeur dans ses interprétations soul/rock qu’on ressort revigoré de ce disque.

Plus que chez Janis Joplin ou chez Adele à qui on la compare déjà, c’est du côté d’Etta James, de Jimi Hendrix ou de Billie Holiday qu’il faut aller chercher les influences d’Alex Hepburn. D’ailleurs, l’une de ses chansons favorites n’est autre que Strange Fruit de la Lady Day. "Je devais avoir cinq ans quand j’ai entendu Billie Holiday à la radio. Je pensais que Strange Fruit parlait d’un "fruit étrange". Je n’ai compris que bien plus tard qu’il s’agissait d’un cri du cœur contre le racisme anti-Noirs."

"Ma vie est une longue suite de cicatrices", avoue Alex. "J’ai écrit mes chansons d’un point de vue égoïste sans savoir si elles allaient toucher quelqu’un. Mais je me rends compte aujourd’hui que je ne suis pas unique et que beaucoup de gens sont passés par là." "Par là", c’est la formule soft pour résumer son parcours à la Charles Dickens.

Des parents qui divorcent, un père emporté trop tôt par la maladie, une sœur qui s’est suicidée, une adolescence rebelle, sans oublier des boyfriends un peu mufles…

Voilà ce qui a nourri l’existence d’Alex et qui se retrouve en filigrane sur "Together Alone". "Mais je n’ai pas honte de ce qui m’est arrivé. Je suis fière de ma famille et je suis surtout contente pour ma mère qui retrouve un peu le sourire depuis que sa fille passe à la radio. Mon seul regret est d’avoir quitté l’école à l’âge de quinze ans. Je n’ai pas de plan B si ça ne marche pas pour moi." Pour l’instant, elle ne doit pas en avoir.

 

 

Le 12/7 aux Ardentes.

Alex Hepburn
Together Alone
Warner

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