Alerte aux drones – Ils sont là

Premier Salon belge consacré à la chose, les Drone-Days ouvrent le champ à toutes les possibilités de cet objet techno passé de la vie militaire à notre vie à nous.

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Utilisés aujourd’hui par une trentaine d’armées dans le monde, les drones sont entrés dans le paysage lors des conflits en Irak et en Afghanistan. Depuis le début des années 2000, les Etats-Unis se sont dotés de plus de 8.000 drones. Actuellement, sur la base de Holloman – au Nouveau-Mexique – d’où les drones sont télécommandés, des centaines de pilotes de drones sont formés par l’armée américaine. C'est que les drones ont des avantages qui plaisent beaucoup à l'armée. Ils peuvent voler de 20 à 24 heures non-stop à plusieurs kilomètres d’altitude. Ils peuvent surveiller et intervenir de façon chirurgicale. Ils coûtent moins cher à l’achat et en entretien qu’un appareil classique et son équipage.  

Comme pas mal d'autres innovations technologiques militaires, les drones ont fini par s'installer, sinon dans notre quotidien (pas encore), dans notre environnement. Avant d'être des objets de consommation courante (dont on ne sait plus se passer), Internet et le GPS ont d'abord été des outils facilitant le travail de l'armée. Le premier constructeur à avoir à la fois anticipé et accéléré ce basculement concernant les drones est le Français Parrot avec l’AR Drone, un quadricoptère sorti en 2010 à un prix abordable – environ 250 euros. Réactualisé en 2012 avec l’AR Drone 2.0, puis rejoint en 2014 par deux mini-drones d’intérieur plus accessibles (le Rolling Spider et le Jumping Sumo) et maintenant par l’élitiste Bebop, le constructeur s’est constitué un joli catalogue. De modeste accessoiriste pour smartphones, Parrot est devenu une société high-tech qui cartonne en Bourse. En 2014, son chiffre d’affaires a fait un bond de 15 % et la part active de sa section drones est passée de 22 % en 2013 à 44 % en 2014!

Ce qui fait le succès des drones Parrot c’est qu’ils sont aussi fun à manipuler qu’impressionnants technologiquement. Ils sont clairement dans l’air du temps. On les dirige à l’aide de son smartphone ou de sa tablette soit en vue subjective – si on choisit de se diriger en regardant l’écran -, soit en vue objective si on se sert du smartphone comme d’une simple télécommande. Depuis peu, plusieurs marques chinoises ont réussi à s’implanter chez nous grâce à des prix très concurrentiels. On pense notamment à Cheerson et son mini-drone à moins de 40 euros ou à Hubson ou encore Syma. Impossible de ne pas évoquer le fabricant Dji qui s’est fait une solide réputation avec son Phantom puis son Phantom 2 et qui vient de sortir un Inspire 1 très haut de gamme parfait pour prendre de jolis clichés aériens. Ce dernier peut être manœuvré à deux avec un pilote aux commandes du drone et l’autre qui se consacre au cadrage!

Quadricoptères ou octocoptères, la plupart sont pensés pour faire de la prise de vue aérienne, certains sont spécialisés dans le sauvetage et déminage, dans le transport, d’autres encore sont conçus pour la voltige ou la course. Selon Renaud Fraiture, organisateur des Drone-Days, festival bruxellois consacré à la chose: "Le Salon du drone est là cette année parce que le milieu du drone est en pleine effervescence en Belgique qui est même un peu à la traîne par rapport à d'autres pays. Nous, on a ouvert la première école de pilotage de drone (l’Espace Drone NDLR) en Belgique et on a constaté qu’il y avait une demande pour rassembler un peu tout ce milieu. On s’est accolé au Salon de la photo et de la video Imagin Days et on a créé le Salon Drone-Days en parallèle. Le drone est souvent lié avec de l’imagerie photo ou vidéo et il y a évidemment d’autres secteurs qui peuvent être intéressés".

Un drone permet de saisir des clichés aériens extraordinaires à un coût tout à fait abordable. Se prendre en photo depuis un drone est d’ailleurs devenu très tendance, on parle de "dronie". Le site Dronestagr.am, entièrement dédié à cet exercice, permet de se faire une idée de l’ampleur du phénomène. Les drones peuvent également devenir le caméraman privilégié des sportifs, notamment des skateurs, puisqu’ils peuvent vous suivre à la trace et prendre des clichés sous des angles très impressionnants. On parle alors de "follow me drones", une des prochaines grosses tendances emmenée par des fabricants comme 3D Robotics avec son Iris +, ou avec l’Hexo +.

Les drones peuvent aussi être de fantastiques jouets. Il est possible de s’amuser à plusieurs avec des AR Drones de Parrot. Grâce à la réalité augmentée, plusieurs drones équipés de capteurs peuvent se "faire la guerre" dans le jardin. Chacun peut viser et tirer sur le drone d’un adversaire, virtuellement le toucher, et engranger des points. Cela donne lieu à de formidables poursuites comme dans un jeu vidéo mais que l’on pratique dans la réalité. Plus fort encore, les courses FPV ou "vol en immersion", des courses de drones qui se pratiquent avec un casque de réalité virtuelle vissé sur la tête. Vous êtes alors immergé dans une course tête la première puisque votre point de vue provient directement de la caméra intégrée au drone!

Qui donc est le droniste? Selon le site Dronestagr.Am qui a dressé le profil de ses utilisateurs, il s’agit d’un homme d’environ 30 ans, geek, modéliste, passionné de high-tech ou photographe. Pour Jean-Pierre Zardini, modéliste reconnu dans le milieu avec sa société ZN Line qui assemble des avions haut de gamme: "Il y a un intérêt évident des modélistes pour les drones, on s’intéresse à tout ce qui vole! Mais il faut apprendre à faire la part entre les modèles amateurs et ceux qui sont plus professionnels. Cette distinction serait d’ailleurs utile pour légiférer parce que pour le moment, il faut bien dire que tout ça reste flou".

Aujourd’hui, mis à part sur le terrain d’un club de modélisme, tous les drones sont interdits de vol partout dans le Royaume belge et ce, même dans votre propre jardin! Même s'il y a une certaine tolérance dans les faits, de nombreux freins subsistent notamment concernant la protection de la vie privée. Néanmoins, sous la pression de nombreuses sociétés désireuses d’exploiter ces petites machines à des fins commerciales et, à l’image de nos pays voisins plus tolérants, un système d’homologation assorti d’une sorte de numéro d’immatriculation est à l’étude.

 

DRONE-DAYS, les 7 et 8/3. Tour et Taxis, avenue du Port 86C, 1000 Bruxelles. www.tour-taxis.com

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