The Afghan Whigs – Autant en emporte le temps

Ressuscité, le groupe culte des années 1990 signe un album captivant.

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Tête de série du rock alternatif à la fin du siècle dernier, The Afghan Whigs s’est peu à peu effacé pour satisfaire les caprices musicaux parallèles de son leader charismatique. Armoire à glace à l’âme sensible, Greg Dulli a mis un terme à l’aventure en 2001, au moment même où son groupe atteignait un nouveau pic de popularité. "Plusieurs raisons m’ont poussé à prendre cette décision", explique-t-il aujourd’hui. "J’étais surtout fatigué, hyper-irrité par le train-train quotidien. On peut parler de burn-out. C’était mon cas, mais aussi celui des autres musiciens. C’est comme dans un couple: quand plus rien ne va, mieux vaut se séparer que de s’infliger des souffrances psychologiques."

 

Après seize ans d’abstinence discographique, Afghan Whigs revient dans la partie avec l’album "Do To The Beast". Aussi curieux que cela puisse paraître, ce retour est d’abord le fruit d’une brève collaboration avec la star R&B Usher. "Il est monté sur scène avec nous au Texas lors d’une reformation éphémère du groupe en mars 2013. C’était fun, totalement improvisé. Mais ça m’a donné l’envie de m’y remettre." Contre nature d’apparence, cette alliance avec Usher prend tout son sens au regard de l’histoire (du rock). Dans les années 1990, Greg Dulli a en effet joué un rôle de médiateur dans la rencontre au sommet entre les guitares saturées et les paillettes R&B. Avec sa production béton et ses riffs tranchants, "Do To The Beast" marque un retour convaincant de la bande à Dulli, toujours obsédée par l’amour et la mort. Sur Lost In The Woods, notamment, le chanteur entrevoit ainsi son dernier soupir. "Mes chansons, ce sont des films. C’est comme dans un James Bond: plein de gens meurent à l’écran, mais on sait pertinemment que c’est du cinéma." A écouter à fond sur la sono.

 

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