Adrien Devyver: le couteau suisse

Le gendre idéal de la RTBF développe sa carrière tous azimuts. Cuisine, sports, lifestyle... Du gâteau pour cet hyperactif.

1193731

Les fidèles de la RTBF, les fanas des émissions de foot, les dingues de cuisine, de chant ou même de lifestyle connaissent son nom. Véritable couteau suisse des chroniqueurs de la télé publique, Adrien Devyver jongle avec les goals, la cuisson du waterzooi ou les grigris des candidats de The Voice avec une facilité confondante. A coup sûr, celui qui circonscrit sa verve aux réseaux sociaux fait marrer les bandes dans lesquelles on l'installe de sa dégaine proprette, mais un peu gauche.

Mais même si cet hyperactif au débit mitraillette s'emmêle régulièrement les pinceaux, on lui pardonne. Son sourire communicatif, sa soif d'apprendre mais surtout son énergie pallient ses lacunes. C'est d'ailleurs grâce à cette pugnacité qu'il intègre la RTBF en 2008 alors qu'il travaillait pour la maison adverse, RTL-TVI, notamment dans l'émission Indices de Georges Huercano qui venait de faire le chemin inverse. "J'ai entendu qu'une place se libérait aux Niouzzet j'ai harcelé la rédaction en appelant une vingtaine de fois pour faire un essai. J'ai toujours voulu bosser à la RTBF, c'est une madeleine de Proust, j'y allais souvent quand j'étais gamin pour assister aux tirages du Lotto parce que mon grand-père était directeur de la Loterie Nationale", explique Adrien Devyver.

Il obtient le poste au JT des enfants après quelques semaines de forcing. "A l'époque, j'avais pris le nom de jeune fille de ma mère, Vanderlinden, pour ne pas me faire remarquer. Mais ça n'a pas duré, au moment où l'on s'est rendu compte de mes deux emplois, on m'a demandé de faire un choix. Dans chacune des deux boîtes, des éléments me correspondent, mais j'ai préféré la RTBF."

Aux Niouzz, il se passionne. L'info, c'est vraiment son dada, surtout quand il s'agit de la vulgariser pour les enfants. Le journal, il en lit un le matin et un le soir, c'est sa routine. Mais depuis qu'il est passé à Sans chichis, puis à Un gars, un chef, à The Voice et à La Tribune, le chroniqueur originaire de La Hulpe n'a plus l'occasion de côtoyer l'info en direct. Un aspect qui lui manque aujourd'hui.

Pourtant, Adrien Devyver, pragmatique devant l'Eternel, se rassure et argumente: "Ma curiosité m'a poussé à faire des études en sciences-po, et ça je la développe toujours dans mon métier de chroniqueur, même si je n'ai pas forcément l'occasion de faire des news sérieuses. On informe en divertissant. L'infotainment est la télé de demain. J'y trouve mon compte, même si parfois je me dis que j'écrirais bien un bon cinq pages sur le conflit israélo-palestinien. Mais ça ne me frustre pas".

Et ce, surtout depuis qu'il a rejoint la joyeuse bande de La Tribune début septembre, aux côtés de son pote Benjamin Deceuninck, après des débuts concluants sur le plateau de Viva Brazil pour la Coupe du monde. Notre chroniqueur multitâche s'y sent comme un poisson dans l'eau, et pour cause, le sport fait partie intégrante de sa vie. Il y consacre environ 10 heures par semaine. Dès qu'il a une minute de libre, il frappe des balles, de tennis principalement, comme le confirme Jérôme Colin, l'un de ses amis et collègues de la RTBF: "Adrien, c'est un hyperactif pur et dur qui a besoin de se dépenser. J'ai rarement vu quelqu'un d'aussi motivé dans ce qu'il entreprend, il m'appelle souvent pour aller faire un tennis et saute comme une puce quand on y est. Il ne s'en vante pas spécialement, mais il vient pourtant de remporter un tournoi".

Sportif, beau gosse polyvalent au sourire ultra-bright, Adrien Devyver. Vous dites Golden Boy de la RTBF? Une image lisse qu'il réfute. "La RTBF m'a placé sur différents projets et je n'aurais d'ailleurs jamais cru faire une émission de cuisine, mais je pense simplement que j'étais au bon endroit, au bon moment et que ma curiosité justifie mes différents rôles. Je sais très bien que je ne plais pas à tout le monde. Mais tant mieux, je ne veux pas faire partie de ces animateurs que tout le monde adore. On doit pouvoir susciter le débat, c'est normal. Par contre, je ne supporte pas la critique gratuite."

En fait, c'est surtout un bosseur acharné, qui se remet sans cesse en question, comme l'explique Joëlle Scoriels. "C'est un grand stressé, mais pas au moment d'apparaître à l'antenne. Plutôt dans les moments de préparation des émissions, où il peut se trouver en proie à des doutes étonnants sur la valeur de son boulot." Dans les couloirs, il répète ses textes jusqu'à la dernière minute, ce qui lui permet d'aborder des sujets qu'il ne connaît pas forcément à la perfection. "Le direct m'apporte l'adrénaline nécessaire pour ne pas me planter, j'ai besoin de ça, je sais que je n'ai pas droit à l'erreur."

Et puis surtout, la qualité première de mister Devyver est de mettre du punch sur tous les plateaux qui l'emploient, comme le souligne Gerald Watelet. "Adrien, il a le rôle du mec naïf qui me pose des questions dans Un gars, un chef. Et ce n'est pas aussi évident que ça en a l'air, car s'il est plus spécialisé dans le foot, le hockey, le tennis et les frites mayo que dans la cuisine gastronomique, c'est grâce à lui qu'il y a de l'ambiance dans le programme. Il est drôle et il fait bien semblant de ne pas comprendre aussi."

D'après les rumeurs, Adrien Devyver pourrait délaisser les écrans de sa smartroom dans l'édition 2015 de The Voice. Pourtant, n'allez pas croire que le chroniqueur profitera de ce moment off pour préparer une émission en solo. "Mes potes me disent souvent: "passe animateur". Mais là, je n'en ai pas du tout l'envie. J'adore être dans une émission où il y a de l'échange, de l'interactivité, et je ne me vois pas mener ces débats. J'ai encore du chemin à faire et j'ai des libertés pour l'instant que je n'aurais pas si j'incarnais un programme à 100 %."

Pourtant, dans sa boîte à projets, en plus de bientôt célébrer ses noces avec Julie Denayer, journaliste pour Indices sur RTL-TVI, son "coup de foudre au premier regard", le bonhomme se verrait bien présenter un programme altruiste à la Tous ensemble de TF1. "L'idée de rassembler des gens et d'aider quelqu'un grâce au fait que je fasse de la téloche, je trouve ça génial." Un projet qui cadre parfaitement avec l'événement caritatif Viva For Life dont le chroniqueur présentera encore la quotidienne cet hiver en duo avec Anne-Laure Macq. "On y fait le relais pour rassembler des gens autour d'une cause, pour moi c'est super-important d'utiliser le vecteur de la télé qui fait rêver pour pouvoir aider les gens. Joindre le futile à l'utile."

Car s'il y a bien quelque chose qui caractérise Adrien Devyver selon tous ses collègues, c'est son humanité. Ultra-sympathique, le chroniqueur prend toujours la peine d'aller saluer chaque technicien en fin de tournage. Sans faire sa star. Joëlle Scoriels ajoute: "Ce que j'admire le plus chez lui, c'est la simplicité dont il ne se départit jamais, quels que soient son interlocuteur ou le sujet qu'il aborde. J'ai appris beaucoup de lui sur ce plan. C'est un ultra-doué du contact interpersonnel".

UN GARS, UN CHEF

DU LUNDI AU VENDREDI LA DEUX 17H20

LA TRIBUNE

CHAQUE LUNDI LA DEUX 20H25

SANS CHICHIS 69'

UN JEUDI SUR DEUX LA DEUX 20H20

Sur le même sujet
Plus d'actualité