Admiral Freebee – The Great Slam

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Le rockeur anversois signe un retour bluffant.

 

Figure culte dans le nord du pays depuis ses débuts en 2003, Tom Van Laere, alias Admiral Freebee, ne suscitait ces dernières années guère plus que le respect de l'autre côté de la communauté linguistique. Et puis voilà que débarque "The Great Scam", un cinquième album flamboyant sur lequel l'amiral regagne ses galons et part guitare en bandoulière à la reconquête de tous les cœurs de rockeur.

 

Enregistré au New Jersey par John Agnello (producteur de Kurt Vile, Sonic Youth et Dinosaur Jr, excusez du peu), ce disque fait la différence par l'urgence de son propos et la qualité de ses chansons. Rocks and roots, blues, ballades mid-tempo que ne renierait pas Neil Young (avec qui Admiral Freebee a tourné)… Le nounours barbu de Braaschaat sait doser les plaisirs et rappelle que la simplicité a aussi ses vertus. "Après mon quatrième album "The Honey & The Knife", j'ai donné pas mal de concerts solo. Cette expérience m'a convaincu que c'est en livrant mes chansons sans les avoir trop répétées et en jouant en toute liberté qu'elles passaient le mieux. J'ai suivi la même démarche avec "The Great Scam". Je ne me suis pas caché derrière un gros son ou des arrangements léchés. En studio, à Hoboken, je n'ai jamais été au-delà de cinq prises."

 

Entre tubes radio (No One Here, Nothing Else To Do), country boisée (Breaking Away), complaintes pour feu de camp (The Poets Words, In Spring) et rock plus fiévreux (Finding My Way Back),Admiral Freebee réinvente la chanson d'amour sur Making Love in 2014 et impose à nouveau sa plume sarcastique sur l'ironique I Don't Want To Feel Good Today. "J'avais envie de prendre le contrepied de tous ces artistes pop anglo-saxons qui n'arrêtent pas de dire dans leurs chansons qu'ils se sentent bien alors qu'au fond d'eux-mêmes, c'est le brouillard. Moi, je chante que ça va mal pendant trois minutes et je me sens beaucoup mieux après."

Luc Lorfèvre

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