AC/DC, les survivants de l’enfer

Le groupe australien donnait le coup d'envoi de sa tournée européenne ce mardi à Arnhem un en Hollande. Notre envoyé spécial Luc Lorfèvre y était et s'est pris une grosse claque... AC/DC sera en Belgique le 6 juillet.

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C'est un spectacle toujours incroyable.   Il mesure un mètre soixante, vient de fêter son soixantième anniversaire et dégouline de sueur alors qu'une plateforme l'élève vers le plafond du Gelredome, stade couvert du Vitesse Arnhem. Cela fait deux heures qu'il triture sa Gibson SG mais il n'est pas rassasié. Le public non plus. Chaussettes de tennis réglementaires, short en velours côtelé rouge et chemise trempée, il balance un autre solo époustouflant sur le final de Let there be rock. Il salue ses fans, grimace,  réajuste son short, fait des cornes de diable avec ses doigts avant qu'un feu d'artifice de confettis ne s'abatte sur lui. Oui, Angus Young est un démon de la gratte et on le suit volontiers sur l'autoroute de l'enfer.

Qu'on se le dise. Ni l'âge, ni la loi, ni la folie n'auront raison d'AC/DC.  Ce mardi 5 mai,  le groupe australien donne le coup d'envoi du volet européen de  sa Rock Or Bust Tour et c'est chaud boulette. Déclaré sénile, le guitariste rythmique Malcolm Young a laissé la place à Stevie Young, le neveu d'Angus pourtant plus âgé que son oncle (oui, ils sont fous ces Australiens). Quant au batteur Phil Rudd, il plaide actuellement coupable de menace de mort et de détention de dope devant un tribunal néo-zélandais. C'est Chris Slade qui le remplace derrière les fûts comme il l'avait déjà fait voici vingt, pour une histoire d'alcool cette fois. Malgré ces changements de line-up, AC/DC reste AC/DC. Dans ce chaudron du Platte Land, les vétérans vont offrirpendant deux heures et quinze minutes un  set carré, sans bavures et aussi sans prise de tête. Et c'est ça qu'on aime particulièrement chez eux.

Dans la salle, des vieux bikers, des ados avec smartphone, des jeunes cadres dynamiques ayant troqué leur costard H&M pour un jeans de chez Zeb, des jolies blondes, des rousses tatouées, des grands échalas chevelus, des petits chauves… Dans ses statistiques qu'il présente sur son site, le Gelredome pointe un concert de Metallica où plus de 40.000 litres de bière ont  été ingurgités par les 30.000 spectateurs. Ce soir, le record est battu, c'est certain. Et pas uniquement par notre faute. Qu'ils assistent pour la première fois de leur vie à une prestation d'AC/DC ou qu'ils suivent le groupe depuis ses débuts, tous attendent la même chose.  Et seraient déçus s'il en était autrement.  Et vous savez quoi? Ils ont vu et entendu exactement ce qu'ils voulaient.  La cloche de Hells Bells (sauf que le chanteur Brian Johnson ne s'y accroche plus), la grosse pute gonflable sur Whole Lotta Rosie, les éclairs sur les écrans géants pendant Thunderstruck, le train qui fonce à 900 à l'heure sur Rock  'n' roll train, les canons qui tirent sur For those about to rock (we salute you). Et à côté de ces canons, on peut vous dire que la reconstitution de la bataille de Waterloo, c'est du pipeau.

Sur son dernier album "Rock or Burst" qui est visité à trois reprises ce soir, le mot "rock" est presque dans tous les titres: Rock or burst, Rock the blues away, Got some rock & roll thunder, Rock the house. Et c'est bien de ça dont il s'agit. C'est une grande fête rock avec des musiciens qui jouent toutes les notes en live et qui prennent visiblement beaucoup de plaisir à le faire. Et c'est vrai que devant cette prestation hallucinante et presque surréaliste, on aimerait savoir à quoi pense vraiment le bassiste Cliff Williams quand il balance la purée sur Back in Black, morceau qu'il a dû jouer des milliers de fois.  A quoi songe Brian Johnson lorsqu'il chante  "Elle était une machine express, elle huilait bien sa mécanique, c'était la meilleur femme que j'avais jamais vue" (sur You Shook me all night long) ? A quoi rêve Angus lorsqu'il pique un cent mètres pour se planquer derrière un ampli Marshall comme un gamin qui viendrait de voler une sucette chez l'épicier? Certainement pas à la retraite. Certainement pas…

AC/DC le 6 juillet à Dessel (complet)

LE TOP 3 DU CONCERT

1) Let there be rock: dix minutes de prouesses à la guitare.

2) Whole Lotta Rosie qui renvoie Jack White à ses études.

3) For those about to rock (we salute you). OK, ils le font à chaque fois, mais ces  canons qui crachent la fumée, c'est quand même dingue…

LE FLOP

 L'intro du concert est beaucoup moins impressionnante que sur la tournée mondiale précédente où une vraie locomotive venait se fracasser dans le décor.

La setlist

  1. Rock or Bust 

  2. Shoot to Thrill 

  3. Hell Ain't a Bad Place to Be 

  4. Back in Black 

  5. Play Ball 

  6. Dirty Deeds Done Dirt Cheap 

  7. Thunderstruck 

  8. High Voltage 

  9. Rock 'n' Roll Train 

  10. Hells Bells 

  11. Baptism by Fire 

  12. You Shook Me All Night Long 

  13. Sin City 

  14. Shot Down in Flames 

  15. Have a Drink on Me 

  16. T.N.T. 

  17. Whole Lotta Rosie 

  18. Let There Be Rock 
(With Angus Young on a raised… more )

RAPPEL

  1. Highway to Hell 

  2. For Those About to Rock (We Salute You)

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