62TV souffle ses bougies aux Nuits et Tout Va Bien au Bota

De passage aux Nuits Bota pour célébrer son 20ème anniversaire, le label bruxellois 62TV Records a déballé ses cadeaux en public et soufflé ses bougies en bonne compagnie. Alpha Whale, Paon ou Mujeres ont fêté leur maison de disques à grands renforts de guitares électriques. Dans le chapiteau, la révélation Tout Va Bien a également profité des Nuits pour briller en soirée.

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Vingt piges au compteur et quelques fameuses réussites sous le capot, le label 62TV Records ne faiblit pas. La structure bruxelloise aime la pop, les mélodies finement ciselées et les refrains bricolés avec passion sur des guitares électriques. Depuis ses débuts, en 1995, la maison de disques a laissé traîner ses oreilles en Belgique et à l’étranger en quête de nouveaux talents et autres noms retentissants. Venus, Sharko, Austin Lace, M. Ward, The Tellers, Papas Fritas, Dez Mona ou les incontournables Girls In Hawaïï ont tous, à un moment ou l’autre, animé le hall d’entrée de cette auberge du rock alternatif. Invité à souffler ses bougies dans le cadre des Nuits, le label en profite pour déballer ses nouvelles signatures sur la scène du Botanique. À commencer par Alpha Whale : quatre spécimens pêchés en bord de mer, le long des plages d’Ostende. Entre surf music et pop psychédélique, le groupe enfile des brochettes vintage sur un barbecue de références flamboyantes (Dick Dale, Love, Madness, The Animals, Edwyn Collins). Bien à l’aise les merguez, le quatuor assure le train sans se presser. Tranquille et détendu, le chanteur pose sa voix de crooner sous la boule à facettes de la Rotonde. Cool et plutôt brillant. Dans le Grand Salon, Paon picore les mélodies sucrées de son premier album ("Paon") à la lueur de quelques ampoules, disséminées ici et là sur le plancher. L’ambiance intimiste des lieux convient parfaitement aux quatre garçons qui, bien appuyés par une chorale de jeunes filles venue d’Arlon, se fendent d’une solide prestation. Entre rythmiques métronomiques, guitares aériennes et synthé en lévitation, leurs harmonies vocales décollent et s’offrent quelques loopings : des sensations fortes et de bonnes vibrations.

Dehors, sous le Chapiteau, en marge de la soirée d’anniversaire 62TV, le jeune Jan Wouter Van Gestel revendique, lui aussi, sa part du gâteau. Bien entouré, le chanteur de Tout Va Bien se pose derrière les claviers et propulse son timbre éthéré sous le ciel étoilé de "Kepler Star", le premier essai de sa formation. Dans un registre assez classique et un peu pompier, l’artiste s’aventure d’abord dans les contrées d’une pop flamande, épique et classieuse, autrefois irriguée par Arid. Par contre, dès que Tout Va Bien flirte avec les nappes synthétiques et les beats électroniques, il embrasse une certaine modernité et se positionne, sans forcer, dans le sillon d’Alt-J, Jamie Woon ou James Blake. C’est là qu’il devrait confirmer tout son potentiel et s’imposer à plus grande échelle.  

De retour à la soirée d’anniversaire de 62TV, on plonge dans la Rotonde où c’est carrément la fiesta. Figure de proue du rock garage catalan, Mujeres débarque de Barcelone avec des morceaux speedés comme des chevaux de course. Musicalement, c’est un peu les Black Lips en cavale dans les ramblas avec The Undertones et les Buzzcocks. Scéniquement, les Espagnols assurent la cadence et font monter la température d’un cran. Chaud caliente ! Invités surprise de la soirée, les deux toqués de Spagguetta Orghasmmond pallient avec panache à l’annulation des Canadiens de Young Rival. Décadent et décalé, le duo expédie la soirée dans le surréalisme et la bonne humeur. Animé par un esprit punk, le show burlesque de ces dadaïstes de série Z élève la culture du « minga ti » en œuvre d’art. Les mecs s’emballent en italien, valsent en français et chantent L’amour à Charleroi sur des airs kitchs et synthétiques rarement entendus ici-bas. Comme un hommage simultané à Joy Division et Charlie Oleg. Incroyable.

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