11.6

"On avait proposé le rôle principal d’Intouchables à Daniel Auteuil, mais il l’a refusé. Je l’ai obtenu. Et depuis, vu le succès, c’est moi qui reçois les bonnes propositions avant lui", nous explique François Cluzet.

842491

Ni méchant, ni revanchard. Plutôt amusé par l’ironie de l’existence et la démultiplication du montant de ses cachets. "Depuis Intouchables, les producteurs arrivent à monter un film rien que sur mon nom. J’ai donc découvert que plus vous êtes payé, plus vous êtes demandé. Je suis désormais au centre d’une spirale vertueuse. Et il était temps. J’ai assez galéré durant l’avant-Intouchables. Maintenant, nous sommes dans "l’après". Et ça me va bien. Même si je ne suis responsable ni de mes 60 bides, ni de mes quelques succès… La réussite d’un film reste une alchimie mystérieuse entre la bonne histoire, le bon moment et les bons acteurs." Et c’est précisément ce tiercé dans l’ordre que rafle 11.6.

Tout d’abord, avec une histoire percutante. Tiré d’un fait divers réel qui a enflammé la France voilà un peu plus de trois ans, ce film tient son titre de la somme (11,6 millions d’euros) dérobée par Toni Musulin.

Convoyeur de fonds humilié par ses supérieurs et son salaire de misère. Qui, après des années de bons et loyaux services, détourne son fourgon avec une facilité déconcertante, sans faire de de bruit ni de victimes. Juste pour montrer les failles du système.

Il se rendra et restituera la quasi-totalité de l’argent. A l’exception de 2,5 millions d’Euros dont il dit avoir perdu la trace…

Ensuite, ce film sort effectivement au bon moment. En pleine crise de confiance vis-à-vis de l’establishment-voyou. "Dans une période malsaine. Où des convoyeurs de fonds prennent des risques insensés en échange d’une feuille de paie proche de l’aumône pour transporter l’argent des banques toutes-puissantes. Sans être pompeux ou didactique, 11.6 est bel et bien un film à message."

Un message qui, enfin, passe parfaitement grâce à un duo d’acteurs excellents. Outre l’Intouchable en chef, on signalera en effet un Bouli Lanners bouleversant dans le rôle du collègue simplet et un peu bourru, causant et exubérant.

Parfait l'opposé d’un Cluzet à la fois secret, opaque et dense. Qui aide parfaitement 11.6 à casser les codes du film de casse traditionnel pour élargir le spectre vers une brillante étude de caractères.

11.6
Réalisé par Philippe Godeau. Avec François Cluzet, Bouli Lanners, Corinne Masiero – 102’.

Sur le même sujet
Plus d'actualité