Orelsan au Palais 12, la fête totale

Le chanteur français Orelsan se produisait ce vendredi 25 mars au Palais 12 de Bruxelles. Un show fédérateur d’une grande musicalité qui casse les codes urbains. Il revient cet été Aux Ardentes et à Ronquières avant de rejouer au Palais 12.

Orelsan au Palais 12 ce vendredi 25 mars. Copyright Eric Guidicelli.

J’ai commencé en Belgique par l’Ancienne Belgique. Puis il y a eu Forest National et ce soir le Palais 12. Nous sommes à chaque fois de plus en plus nombreux. Il y en a parmi vous qui sont là depuis le début. D’autres sont arrivés par la suite. C’est complètement dingue… " Aurélien Cotentin, plus connu sous le nom d’Orelsan, est particulièrement ému ce vendredi 25 mars lorsqu’il s’adresse au public du Palais 12. La méga-salle bruxelloise est pleine comme un œuf. Il y a des gosses, des ados, des trentenaires, des cinquantenaires, et ceux-ci pas seulement venus pour accompagner leurs enfants. Qu’on se le dise. En 2022, Orelsan n’est plus un artiste urbain. C’est un artiste mainstream qui fédère toutes les générations. Il a encore des mots " sales " dans la bouche, mais ça ne choque plus personne. Mais il gardé cette niaque de potache, son sens de la vanne ainsi qu’un rare sens de l’éthique. Et c’est pour ça qu’on l’aime aussi.

La Quête

Quatre mois après la sortie de son blockbuster  " Civilisation " (triple platine en France, quatre Victoires de la Musique, artiste/album/création visuelle/meilleure chanson), le rappeur de Caen joue donc à guichets fermés. Son entrée sur scène est à son image. Humble, simple et basique. A 21 heures pile-poil, il débarque seul. Un grand rideau noir derrière lui, une scène vide, toutes les lumières de la salle allumées, des centaines de fans toujours occupés à faire le plein de bières. Il lance a cappela Jour Meilleur, repris par la foule. " Le problème de la vie c’est qu’il y en a qu’une. On soignera jamais la dépression comme on soigne un rhume. Mais dis-toi que tu pourras compter sur moi le temps qu’ça dure.  " Sa chanson anti-déprime à lui qui fait un bien fou. Grand frisson. Ses acolytes Skread et Ablaye le rejoignent sur La Quête. Toujours sans décor. " Ce rideau noir, ces trois loupiotes, ça me rappelle mes débuts dans les salles de fête à Caen ", commente-t-il.

L’Odeur de l’essence

Et puis, lentement mais sûrement, la machine se met en branle en crescendo. Les écrans LED, le light-show et surtout les musiciens rentrent en action. Comme sur sa tournée précédente, Orelsan s’accompagne de vrais instruments. Guitare électrique, batterie, claviers s’ajoutent aux programmations. Et ça fait une grosse différence. L’Odeur de l’Essence arrive très vite dans la setlist. Les écrans diffusent des images apocalyptiques, il y a du feu, des flammes, de la fumée partout. Une ambiance de fin du monde. Bizarrement, le public est KO. Les ados filment mais on s’attendait à plus de folie sur ce titre emblématique de " Civilisation ".

Karaoké géant et medley

Orelsan n’a pas son pareil pour tremper sa plume dans l’introspection. Il est aussi très fort pour dresser une galerie de portraits. Défaite de Famille et surtout Manifeste, récit quasi journalise d’une manif à Paris (alors qu’il n’a jamais défilé de sa vie) sont deux grands moments du concert. On comprend tout ce qu’il nous raconte, les notes de claviers se marient avec les beats et on en prend plein la vue. Comme Indochine, Orelsan se fend aussi d’un long medley où il reprend ses premières joutes verbales (Sous influence, Courez courez, Soirée ratée / Si seul si facile, À l’heure où je me couche, Bonne meuf, Rêves bizarres…). Comme Clara Luciani et Julien Doré il y a quelques jours à Forest National, il offre un karaoké géant (sur Seul avec du Monde Autour). Plus fun, plus original aussi, il invite une fille et un garçon sur scène pour un duel au jeu vidéo. Alice a perdu, le mec dont on a oublié le prénom se fait siffler. C’est de bonne guerre. Bien fait pour lui.

Simple et basique

Généreux, travaillé, répété mais toujours bon enfant dans son exécution, le show perd parfois dans son intensité. Heureusement, Orelsan garde des grosses cartouches pour relancer la machine. En rappel, du haut d’une plateforme et ensuite dans l’intimité d’un décor de chambre d’ado installée dans les coulisses, Aurélien le malin offre des versions bouleversantes de Rêve Mieux et Notes Pour Trop Tard, sans doute l’un de ses plus textes sur le thème de l’apprentissage de la vie. " T’es au moment de ta vie où tu peux devenir ce que tu veux. Le même moment où c’est le plus dur de savoir ce que tu veux. "  Simple et basique qu’on vous disait. Et c’est au moment où on se dit que justement, il n’a pas encore joué Basique, qu’il balance ce dernier uppercut d’une force inouïe. Mission accomplie. La fête est finie. A voir cet été et à revoir à la rentrée.

Le 10/7, Les Ardentes, Liège.
Le 5/8, Ronquières Festival.
Le 5/11, Palais 12, Bruxelles.

Sur le même sujet
Plus d'actualité