Une invasion russe possible "dans les 48 heures à venir" selon Boris Johnson

Le Premier ministre britannique estime qu'une attaque russe de l'Ukraine pourrait être imminente, au vu des éléments dont il dispose.

Boris Johnson à Kiev
Boris Johnson à Kiev le 1er février 2022 @BelgaImage

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a appelé lundi Vladimir Poutine à reculer du "précipice" en Ukraine, estimant la situation "très très dangereuse" avec une invasion russe possible "dans les 48 heures à venir".

"Les preuves sont très claires"

"La situation est très très dangereuse et difficile, nous sommes au bord du précipice, mais il est toujours temps pour le président Poutine de reculer", a estimé Boris Johnson sur les télévisions britanniques. "Nous appelons tout le monde au dialogue (…) pour éviter ce qui serait une erreur catastrophique", a-t-il ajouté.

Alors que Kiev a accusé Washington et Londres d’alarmisme concernant les risques d’intervention russe imminente, Boris Johnson assure que "les preuves sont très claires": "Il y a quelque 130.000 soldats massés à la frontière ukrainienne et toute sorte d’autres signes montrant des préparatifs sérieux à une invasion". "Les signes montrent, comme l’a dit le président (américain Joe) Biden, qu’au moins ils préparent quelque chose qui pourrait avoir lieu dans les 48 heures à venir", a-t-il affirmé.

Le Royaume-Uni a conseillé vendredi à ses ressortissants d’immédiatement quitter l’Ukraine par mesure de sécurité. Boris Johnson prévoit de se rendre à nouveau en Europe continentale vers la fin de la semaine, pour discuter avec les dirigeants des pays nordiques et baltes. Il y a deux semaines, il était allé à Kiev apporter son soutien à l’Ukraine, à laquelle Londres a récemment livré, pour la première fois, des armes létales, des missiles antichars.

Encore plus de troupes russes à la frontière

Cette déclaration a lieu alors que la Russie a encore renforcé son dispositif militaire aux frontières de l’Ukraine au cours du week-end, a expliqué lundi le porte-parole du Pentagone, John Kirby, malgré l’annonce par Moscou de la fin de certains exercices militaires. Le président russe Vladimir Poutine "a d’amples capacités à sa disposition", a déclaré M. Kirby à CNN. "Il continue d’envoyer des forces supplémentaires le long de cette frontière avec l’Ukraine, y compris au cours du week-end, et il dispose de bien plus que 100.000 (hommes)".

La Russie a pour sa part déclaré lundi qu’il existait une "chance" de régler la crise ukrainienne par la voie diplomatique, au moment où les Occidentaux craignent que les tensions ne dégénèrent en conflit armé. "Existe-t-il une chance de trouver un accord avec nos partenaires sur les sujets-clés ou s’agit-il d’une tentative de nous entraîner dans des négociations sans fin?", a fait mine de demander le président Vladimir Poutine au chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. "En tant que chef du ministère des Affaires étrangères, je dois dire qu’il y a toujours une chance", a répondu le ministre, dans un entretien avec M. Poutine retransmis à la télévision. Les occasions de dialoguer "ne sont pas épuisées, (mais) il ne faut pas qu’elles durent indéfiniment", a poursuivi M. Lavrov, ajoutant que Moscou était "prêt à écouter des contre-propositions sérieuses", voire même de "continuer et élargir" ces opportunités.

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