Un documentaire sur les débuts de Kanye West dévoilé

Netflix a révélé un avant-goût de son documentaire sur Kanye West, alors que ce dernier vient de réclamer le droit de modifier son contenu.

Kanye West à Paris
Kanye West à Paris, le 24 septembre 2014 @BelgaImage

Un nouveau documentaire sur Kanye West dévoilant quelques moments singuliers de sa jeunesse a été présenté en avant-première dimanche au festival de Sundance, quelques jours après que le rappeur eut réclamé à Netflix un droit de regard sur la version finale du film.

"Ouvrez la salle de montage immédiatement"

La première partie de "jeen-yuhs: une trilogie Kanye", diffusée au festival de Sundance, qui se tient en ligne pour cause de pandémie, se concentre sur les premières frustrations de Kanye West lorsqu’il tentait de passer de jeune producteur à rappeur. Le film montre West retirer de façon maladroite son appareil dentaire, s’énerver d’être écarté parce qu’il a "grandi en banlieue", et partager des moments de tendresse avec sa mère Donda, aujourd’hui disparue.

Dans un message sur Instagram vendredi, West, aussi connu sous le nom de Ye, écrivait qu’il "devait obtenir le montage final et le droit d’approuver ce documentaire avant qu’il ne sorte sur Netflix", où il sera lancé le 16 février. "Ouvrez la salle de montage immédiatement pour que je puisse être en charge de ma propre image", a-t-il écrit, dans une publication aimée 1,5 million de fois.

Sollicité par l’AFP, Netflix n’a pas fait de commentaire sur la requête du rappeur. La scène d’ouverture du film montre West en 2020 demandant au téléphone les contrats du documentaire, suggérant qu’il a peut-être reconsidéré plus tard son approbation.

"Un peu narcissique"

Le projet a été lancé par le cinéaste Clarence "Coodie" Simmons, qui a commencé à suivre son ami West, caméra au poing, à Chicago en 2001, curieux de voir jusqu’où le jeune producteur de rap ambitieux pouvait aller. Simmons a ainsi accumulé en vingt ans près de 320 heures d’images. Dans une intervention en visioconférence à l’issue de l’avant-première, Simmons a assuré que West "nous a laissé faire notre travail", mais qu’il devait aussi rassurer le musicien sur le résultat. "Quand j’ai rencontré Kanye, je lui ai dit: ‘tu dois me faire confiance mon frère, comme tu m’as fait confiance pendant toutes ces années, avec toutes ces séquences, pour te filmer’".

Durant quatre heures et demie réparties sur trois épisodes, "jeen-yuhs" (prononcer " genius ") couvre l’ascension de West vers le statut de superstar internationale, ses problèmes de santé mentale, son soutien à Donald Trump et sa candidature à la présidence des États-Unis.

Le premier volet raconte la rencontre originelle de Simmons avec le chanteur, dans une fête à Chicago en 1998 et sa décision de documenter la carrière de West lorsque ce dernier, alors producteur, participe de façon décisive à "Izzo (H.O.V.A)" de Jay-Z, trois ans plus tard. West déménage à New York pour tenter d’être signé par le label Roc-A-Fella de Jay-Z, mais il peine à convaincre les patrons qu’un producteur qui n’a pas le bagage "hardcore" de nombreux rappeurs de l’époque peut vendre des disques. "Vous allez me le reprocher parce que je n’ai jamais tué personne?" demande-t-il à un journaliste musical alors qu’il roule dans New York la nuit. Dans une scène, West arrive sans prévenir dans les bureaux du label, où il rappe "All Falls Down" à des employés déconcertés à leur bureau, et où une réceptionniste confond son nom avec "Cayenne".

Bien que débordant de la confiance en soi qui le caractérise, le jeune West estime le tournage du documentaire "un peu narcissique". Simmons et le co-réalisateur Chike Ozah ont réalisé plusieurs films ensemble avant "jeen-yuhs", tout en gardant les images de West prêtes à l’emploi. "Nous avons reçu une offre en 2006 pour le faire, mais Kanye n’était pas prêt", a raconté Simmons. "Il ne voulait pas que le monde voit ce qu’il a traversé".

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