Viol, racisme, insultes… Le sport de haut niveau, ce monde parallèle

Le sport, c’est bon pour la santé et ça véhicule de bien belles valeurs. Sauf exceptions…

Gert Vande Broek coach de volley
Gert Vande Broek, l’entraîneur des Yellow Tigers, notre équipe nationale féminine de volley. © BelgaImage

Résumons. En une seule petite semaine, nous avons eu Yannick Agnel, ex-champion olympique français de natation, poursuivi pour viol sur une gosse de 13 ans. Au FC Barcelone, Albert Benaiges, entraîneur au prestigieux centre de formation du club (la “Masia”), est accusé d’années de touche-pipi et de violences sexuelles sur des jeunes footballeurs. Et pour clôturer le week-end en beauté, nous avons ces insultes racistes lancées vers Vincent Kompany par des ­“supporters” de Bruges, mais aussi – d’après le coach d’Anderlecht – par des membres du staff brugeois. Tout ça donc en une semaine. Et ce, alors qu’on patauge déjà dans le Footballgate, avec l’argent noir d’agents et de dirigeants véreux. Ou qu’aux USA, le médecin de l’équipe nationale de gym, Larry Nassar, a été mis à l’ombre à vie pour plus de… 250 agressions sexuelles sur des petites gymnastes. Mais ce sont de ­malheureuses exceptions, n’est-ce pas. Heureusement, il existe des sports propres et des fédérations attentives. Prenez le volley-ball. Un beau sport, le volley. Non violent. Un sport de gens bien. Jusqu’à ce que, toujours cette même semaine, nous fassions la connaissance de Gert Vande Broek. C’est l’entraîneur des Yellow Tigers, notre équipe nationale féminine de volley. Elle est 13e mondiale et qualifiée pour le Championnat du monde 2022. Donc bien. Mais pas assez bien pour le coach, qui a développé “ses” propres méthodes de motivation. Pour booster ces dames, Gert les traite volontiers de “bande d’empotées”, de “branleuses de merde”, de “crétines” ou de “salopes”. Ce que ce délicat ne nie même pas. Mieux: suite aux plaintes des ­volleyeuses, il a été soutenu par sa fédération, qui évoque un “travail de coach révolutionnaire, comme en témoignent les résultats des Yellow Tigers”. Encore mieux: pour Paul Rowe, le directeur de Sport Vlaanderen (qui chapeaute la fédération), le coach est “en avance sur son temps pour son coaching motivationnel, qu’il fonde sur des méthodes attestées par la science”. L’expression “branleuses de merde” serait donc scientifique. Finalement, je me demande si le sport de haut niveau n’est pas un peu un monde parallèle où tout est passable, pourvu qu’on gagne. Je me demande…

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