Les Diables rouges ont été « trop émotifs » face à la France

Comme en 2018, la France a éliminé la Belgique en demi-finale d'un tournoi international. Jeudi, les Bleus ont renversé les Diables Rouges 2-3 en demi-finale de la Ligue des Nations.

Les Diables rouges ont été « trop émotifs » face à la France
Belga

« Nous ne devons pas oublier que notre première mi-temps a été exceptionnelle », a réagi Roberto Martinez en conférence de presse. « Nous avons marqué deux buts contre la France et nous pouvions en mettre plus. Il y a trois ans, en demi-finale du Mondial, nous n’avions pas trouvé le chemin des filets. En seconde période, nous étions trop émotifs, nous ne faisions plus ce que nous devions faire pour gagner ce match. Nous voulions aller en finale aussi vite que possible et nous avons ainsi laissé la France revenir dans le match, même si la marge était petite. Le 3-2 a été annulé, le 2-3 est tombé à la toute dernière minute. C’est une vraie déception », a regretté le sélectionneur national.

L’entraineur cherche des causes du côté du mental des joueurs dans la compétition de haut-vol. « Nous voulons remporter des prix et ressentir cette responsabilité des joueurs. Nous désirions tellement cette finale que nous avons cessé de jouer au football et oublié de remporter le match. C’est de l’émotion, on le ressent alors que la finale approche. Ce n’est pas une question de qualité, d’effort ou de dévouement. Tout donner pour remporter le match était présent durant la première mi-temps. A ce moment, nous avons aussi démontré que nous avons grandi en tant qu’équipe au cours des années passées. C’est une évolution. Cela fait de la peine, et c’est une leçon douloureuse, mais dans 12 mois il y a un nouveau tournoi. Nous voulons continuer pour les fans », a encore expliqué M. Martinez.

Interrogé sur l’éventualité d’avoir procédé à des remplacements plus tôt, le coach a souligné qu’il n’était pas question jeudi soir « d’individus ou de prestations individuelles, mais de collectif: une équipe qui après la pause a voulu aller trop vite vers la finale et a de la sorte oublié le football ». M. Martinez a encore admis qu’il est « difficile pour chacun de ne pas accéder à la finale, surtout quand on regarde la manière dont cela s’est déroulé. Les décisions de l’arbitre n’ont pas non plus été en notre faveur. Mais dans 13 mois il y a déjà une coupe du monde pour laquelle nous pouvons nous qualifier en quatre semaines. Le football international est très intense et aucune équipe ne peut se permettre de ne pas tout donner à chaque match ».

« Réaction d’orgueil »

Comme pour mieux  exprimer ces propos, le sélectionneur français, Didier Deschamps, y est lui allé d’une  fanfaronnade de coq – ou de vainqueur: « Mon équipe est toujours-là. Nous sommes toujours parmi les meilleurs pays au monde », a-t-il commenté après le match.

« On ne gagne pas tous les matchs, on ne gagne pas 3, 4 ou 5-0, mais regardez en compétition, combien de matches on gagne ? OK, il y a l’élimination contre la Suisse, mais l’équipe de France est toujours là », a commenté M. Deschamps. Il classe la victoire contre les Diables Rouges « parmi les meilleures ».

« On a une des meilleures, si ce n’est la meilleure du monde en face de nous. Il faut reconnaître ses forces, mais malgré tout, dans une situation compliquée, il y a la qualité, mais aussi cette fierté, cet orgueil, ce caractère quand ça ne tourne pas en notre faveur. Ce match-là fera partie des très bons moments, il faut l’apprécier, et je suis très fier de mes joueurs », a-t-il poursuivi.

Détaillant le match, durant lequel les Belges se sont montrés intransigeants lors de la première mi-temps, l’entraineur français a estimé que son équipe « a fait une bonne entame, mais dans les 20-25 dernières minutes de la première période on a trop souffert, trop reculé, on manquait d’agressivité ».

« Il y a eu cette réaction, cet orgueil, à commencer par nos trois joueurs offensifs qui ont harcelé constamment l’adversaire et renversé la situation. La fierté y est, on est dans un système tactique nouveau aussi. L’équipe en face n’est pas pour rien la meilleure mondiale au classement Fifa ». Il a admis qu’à part lui, « peu de gens pensaient que l’on pouvait renverser ce match ».

Il cite donc le mental, « cette force de caractère, en plus de la qualité des joueurs ». « Quand on n’est pas au niveau auquel on doit être, ça passe par des paroles (à la mi-temps). C’est leur mérite, chacun individuellement, et c’est quelque chose qui s’est transmis aussi. La réduction du score vient concrétiser une mainmise sur le jeu, plus d’agressivité. L’équipe de Belgique a peut-être baissé physiquement mais aussi parce qu’on a rehaussé le niveau après avoir été en souffrance et attentiste en fin de première période », a encore détaillé le Français.

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