76% des jeunes Bruxellois ne se sentent pas en sécurité avec la police

Une enquête montre comment ce sentiment de peur s'installe au vu de la relation dégradée entre les jeunes et la police.

76% des jeunes Bruxellois ne se sentent pas en sécurité avec la police
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Plus de sept jeunes Bruxellois sur dix ne se sentent pas en sécurité lorsqu’ils entrent en contact avec la police. Presque autant de jeunes disent avoir été victimes de profilage ethnique. C’est ce qui ressort d’une enquête du Conseil de la jeunesse de la Commission communautaire flamande (VGC) auprès de 1 968 jeunes bruxellois, écrit De Standaard.

Des contrôles anxiogènes et discriminatoires

Seuls 17 % des jeunes associent la police à la sécurité, 12 % au respect. Les sentiments de peur, de colère et d’impuissance dominent. Les chiffres s’aggravent à mesure qu’une personne est entrée en contact avec la police à une ou plusieurs reprises. 29% déclarent avoir été victimes de violences verbales, 13% de violences physiques. La moitié des jeunes ont déjà été contrôlés par la police, dont 10 % plus de dix fois sur la seule année 2020. 76 % des jeunes se sentent en danger lorsqu’ils entrent en contact avec la police, 68 % déclarent avoir déjà été victimes de profilage ethnique lors d’un contrôle, d’une perquisition ou d’une arrestation.

«Ces chiffres frappent durement toutes les parties», déclare Ilyas Mouani, président du Conseil de la jeunesse de la VGC, qui a organisé l’enquête. Le rapport montre également que la connaissance par les jeunes de leurs droits et obligations est loin d’être suffisante. Le Conseil de la jeunesse souligne qu’il ne s’agit pas d’une étude représentative, puisque l’enquête a été menée sur une période précise, relativement courte, dans un contexte social mouvementé et avec une diffusion géographique limitée. Mais c’est une indication importante de la façon dont la relation est biaisée.

Cela confirme aussi une autre étude du même institut, publiée en mars 2021, montrant des chiffres similaires sur le sentiment d’insécurité des jeunes avec la police. «Ces chiffres sont très inquiétants. Ils montrent également qu’à l’avenir, il est nécessaire d’améliorer les relations entre la police et les jeunes», déclarait alors Ilyas Mouani. «Il n’y a pas de solution magique pour cela, mais chaque initiative est un pas vers une ville meilleure». Le secrétaire d’Etat bruxellois Pascal Smet met 100.000 euros à disposition pour un projet pilote visant à améliorer la relation en déclin entre les citoyens et la police.

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