Revenus, logement… les inégalités renforcées dans la société post-Covid

L’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps) a publié lundi son rapport sur l’indice de la situation sociale au sud du pays.

Revenus, logement… les inégalités renforcées dans la société post-Covid
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Les inégalités, qui se creusaient déjà avant la crise sanitaire, se sont vues renforcées avec l’arrivée du virus. Ce constat, pas vraiment neuf, vient juste d’être objectivé par la publication de l’Indice de la situation sociale de la Wallonie (ISS), établi par l’Iweps. Pour ce faire, l’institut wallon a agrégé une série d’indicateurs (espérance de vie, taux de suicide, taux d’emploi, accès au logement, etc.) qui forment un ISS global. Celui-ci a ensuite été comparé au PIB régional par habitant.

Conclusions ? L’ISS, en passant de la base 100 en 2004 à 106,3 en 2019, a connu une évolution moins positive que celle du PIB, qui a grimpé de 100 à 114,1 sur la même période. De plus, l’ISS n’a cessé de baisser depuis 2016. Pour l’Iweps, cette évolution s’explique par une augmentation des déséquilibres socio-économiques entre les différentes strates de la société wallonne. Au niveau du logement ou dans l’accès à l’emploi, notamment.

« Bond en arrière »

Puis, est arrivé le virus. Les mesures de soutien déployées durant la crise sanitaire ont permis de limiter certains dégâts en 2020 et au début 2021. Notamment au niveau du logement, juge l’institut, qui pointe des mesures comme les reports possibles de paiement des crédits hypothécaires, l’élargissement du tarif social pour l’énergie ou l’interdiction des coupures de gaz et d’électricité au début de la crise. Mais, avertit l’Iweps, ces mesures ont déjà été levées ou sont en passe de l’être, ce qui pourrait augurer de prochains mois difficiles.

L’Iweps met également en garde contre un « bond en arrière » constaté chez toutes les catégories de personnes précaires par les acteurs de l’action sociale en Wallonie, que l’institut a interrogés entre mars et juin 2021. Ce recul social généralisé s’explique par un manque de suivi ou d’accompagnement social pendant la pandémie, ainsi que l’arrêt du travail entrepris avec les bénéficiaires avant la crise sanitaire.

Concernant les revenus, la perte moyenne des revenus bruts en Wallonie s’est élevée à 15,1%, mais a été réduite à une moyenne de 3,1%  des revenus disponibles, sous l’effet de l’augmentation des prestations sociales. Là aussi, les chiffres cachent des disparités importantes : ceux qui ont dû compter uniquement sur le chômage temporaire pendant une longue période ont subi des pertes de revenus plus importantes.

L’Iweps conclut en pointant trois « préoccupations majeures » qui devraient retenir l’attention des autorités : l’impact de la pandémie sur la santé mentale et les conséquences à moyen et long termes des problèmes dans ce domaine ; la « situation alarmante des jeunes » de 14 à 30 ans et l’aggravation de la situation des populations les plus précaires.

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