La vie formidable de Jean-Luc Cambier: No future

Bye-bye, la démocratie? se demande la RTBF. “On espère bien”, répond la moitié des jeunes belges.

La vie formidable de Jean-Luc Cambier: No future
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Il y a 15 ans, le docu-fiction Bye-bye Belgium mettait en scène la séparation de la Belgique. Certains y avaient cru et s’étaient attristés devant l’exil d’Albert II au Congo. Toute cette semaine, le service public se demande s’il faudra bientôt dire adieu à la démocratie. Dès lundi, cela nous a valu d’entendre un militaire (dommage pour le cliché) expliquer sereinement que le mérite n’est pas assez reconnu dans ce pays d’assistés et qu’une dictature “pour commencer” (sic) ne ferait pas de tort, surtout pas à lui et à sa femme. Son témoignage était là pour illustrer un sondage choc. Que beaucoup de citoyens soient déçus par notre démocratie parlementaire, ce n’est pas un scoop. Qu’un Belge sur trois aspire à un pouvoir fort, plus en Wallonie qu’en Flandre, c’est déjà difficile à avaler, mais qu’un jeune sur deux ait cet espoir, c’est désespérant et 20 % de plus qu’en 2018.

Déprimant mais d’autant plus réel qu’on retrouve une situation comparable en France où le parti favori de la génération des 25-34 ans est le Rassemblement National. Une enquête toute récente auprès des plus jeunes (18-24) montre que Marine Le Pen arrive 3e chez eux, mais à peine derrière Macron et la droite classique. Contrairement aux Boomers nés de la Seconde Guerre mondiale, ils n’ont pas grandi dans les souvenirs ressassés à l’école, dans les médias, les fictions et peut-être surtout dans les familles. La détestation et la peur des extrêmes leur semblent bien théoriques, voire inutiles. Parce que le tiercé de leurs préoccupations donne: pouvoir d’achat, environnement, sécurité sociale. À l’âge où ils devraient être gonflés d’idéaux, ils entrent dans leur vie en craignant qu’elle soit moins bien que celle de leurs parents. Moins d’un jeune sur deux est optimiste quant à l’avenir de son pays. Pour les ­sauver, ils n’attendent plus grand-chose de la médiocrité politique (idées, débats, partis et hommes confondus). Mais ils pourraient compter sur une solution de rupture, n’importe qui fera l’affaire, mais ce ne sera pas le grand saint Nicolas.

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