De Shakira à Elton John: ces célébrités citées dans le scandale Pandora Papers

Toutes sont accusées d’évasion fiscale après l’enquête menée par des journalistes du monde entier.

De Shakira à Elton John: ces célébrités citées dans le scandale Pandora Papers
@BelgaImage

Ce dimanche, le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a publié le résultat de sa longue analyse de millions de documents confidentiels sur des paradis fiscaux. Une bonne partie des personnes impliquées sont de parfaits inconnus du grand public mais parfois, c’est tout le contraire. Sont ainsi cités dans ces «Pandora Papers» près de 35 chefs d’État, anciens ou actuels, des centaines de politiciens ou encore des célébrités en tout genre. Tous sont accusés d’être passés par des sociétés-écrans pour dissimuler des activités financières et donc pour s’enrichir. Petit tour d’horizon des nombreuses personnalités impliquées.

Claudia Shiffer, Shakira, Swedish House Mafia, etc.

Parmi les noms cités, on retrouve plusieurs stars connues internationalement. C’est par exemple le cas de la chanteuse Shakira. Elle serait passée par trois sociétés enregistrées dans les îles Vierges britanniques pour dissimuler des comptes offshore. Une révélation qui tombe bien mal pour la Colombienne. Le fisc espagnol la suspecte déjà d’avoir résidé principalement en Catalogne alors qu’elle affirmait être aux Caraïbes. La chanteuse aurait continué cette activité offshore même après l’ouverture d’une enquête en Espagne la visant, en septembre 2018. Selon son agent, elle n’est pas coupable d’évasion fiscale.

La mannequin allemande Claudia Shiffer aura fait pareil, et la liste est encore longue. Le respecté artiste Elton John possèderait une douzaine de sociétés enregistrées aux îles Vierges britanniques. Le directeur ne serait nul autre que son mari, David Furnish. En Espagne, c’est Julio Iglesias qui est pointé du doigt. Il détiendrait une dizaine d’entreprises installées dans des paradis fiscaux ainsi que neuf hôtels particuliers «offshore» à Miami. Ringo Starr, membre des Beatles, est lui aussi mis en cause. En Suède, le média SVT Nyheter révèle que le groupe Swedish House Mafia est impliqué dans la création d’une société offshore, à nouveau aux îles Vierges britanniques. En Russie, de nombreux proches du président Vladimir Poutine sont cités, dont le producteur de films Konstantin Ernst, actuel dirigeant de la principale chaîne de télévision russe, Channel One. Ses combines fiscales auraient permis à ce dernier d’acquérir 39 cinémas et plusieurs propriétés moscovites à des prix ridiculement bas, le tout avec le soutien de la banque publique VTB, qui a des liens étroits avec Poutine. Le président russe a dénoncé des «allégations infondées».

Les stars du sport ne sont pas épargnées. C’est le cas du joueur indien de cricket Sachin Tendulkar, une véritable légende dans sa discipline, ainsi qu’une bonne partie de sa famille. Au Canada, sont cités l’ancien champion de formule 1 Jacques Villeneuve et l’ancien patineur artistique trois fois champion du monde Elvis Stojko.

De Tony Blair à DSK

Il y a aussi d’autres noms bien connus mais qui ne font pas partie du show-business ou du sport. Parmi eux le chef mafieux Raffaele Amato, qui a inspiré le film Gomorra. Il serait passé par une société écran pour acheter des terres en Espagne. Dominique Strauss-Kahn, l’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI), est quant à lui accusé d’avoir fait transiter des millions de dollars d’honoraires de conseil via le Maroc.

Puis il y a d’un nombre conséquent de chefs d’État. Le roi Abdallah de Jordanie a notamment acquis 14 propriétés luxueuses aux Etats-Unis et au Royaume-Uni (notamment à Malibu, Londres…) en passant par des paradis fiscaux comme les îles Vierges. Le Premier ministre tchèque et milliardaire Andrej Babiš aurait pour sa part placé 22 millions de dollars dans des sociétés écrans, d’où l’achat du château Bigaud près de Cannes. Il s’est défendu de toute opération illégale et affirme que ces accusations sont destinées à lui nuire alors que des élections législatives ont lieu en République tchèque le week-end prochain. Au Royaume-Uni, l’ancien premier ministre travailliste Tony Blair aurait économisé 400.000 dollars d’impôts en passant par une société des îles Vierges pour acheter un immeuble de bureaux.

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan, élu avec un programme anti-corruption, aurait des millions de dollars sur des comptes offshore. Le président kenyan Uhuru Kenyatta, qui a lui aussi fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, disposerait d’au moins 30 millions de dollars sur plusieurs sociétés off-shore. Il y a aussi des familles déjà connues des consortiums de journalistes pour avoir trempé dans des affaires de corruption, comme celle du président de l’Azerbaïdjan Ilham Aliev qui aurait réalisé des transactions immobilières opaques au Royaume-Uni. Le nom de son fils de 11 ans, Heyder, est cité dans l’achat d’un immeuble de bureaux à 45 millions de dollars. Dernier exemple: le président équatorien, Guillermo Lasso, qui clame aujourd’hui son innocence alors qu’il serait passé par des trusts installés aux USA.

L’affaire Pandora Papers apporte une nouvelle «preuve claire que l’industrie offshore fait le jeu de la corruption et de la criminalité financière, tout en faisant obstruction à la justice», selon Maira Martini, chercheuse au sein de l’ONG Transparency International. «Ce modèle économique» basé sur le secret financier «ne peut plus continuer», affirme-t-elle.

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