Salle de bains zéro déchet

Les emballages de cosmétiques et de produits d’hygiène envahissent la pièce la plus intime du foyer. Guide pratique pour ceux qui veulent une consommation plus responsable.

Salle de bains zéro déchet
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Les chiffres sont hallucinants. Une enquête Ipsos révélait que chaque année, rien que pour la France, 75.000 tonnes d’emballages de produits cosmétiques et d’hygiène étaient jetées. Autre exemple, toujours en France, le rasage (rasoirs jetables, lames usagées, aérosols de mousse) constituerait 26 % de tous les détritus issus des produits cosmétiques et d’hygiène. Aujourd’hui, alors que la prise de conscience environnementale n’a jamais été aussi forte, l’importance de réduire sa consommation et de lutter contre le gaspillage est capital. Une démarche qui de prime abord peut sembler inabordable, mais est finalement assez facile à mettre en place. Plusieurs solutions existent, qu’il s’agisse d’acheter en vrac, de limiter ses produits, de les fabriquer soi-même ou encore de choisir des alternatives écologiques et durables. Et la salle de bains est l’endroit idéal pour débuter ce changement de mode de vie.

Les tissus

Le calcul est vite fait: pendant qu’un coton jetable n’est utilisé qu’une seule fois, les cotons lavables  – souvent composés de coton, bambou, microfibres ou chanvre – peuvent être utilisés jusqu’à 300 fois et absorbent mieux les impuretés. Ils peuvent être employés pour se démaquiller ou appliquer son soin. Attention, ne vous en servez pas pour enlever votre vernis à ongles, vous risqueriez de les abîmer. Pour l’entretien, rien de plus simple: enfermez-les dans un filet de lavage, lavez-les à la machine (40°) et laissez sécher à l’air libre. Si vous êtes doué de vos mains, vous pouvez également les fabriquer vous-même.

L’heure de la douche

Au rayon des gels douche, on trouve presque toutes les fragrances. Mais ces senteurs ont un prix pour notre peau, agressée par les produits chimiques qu’on y trouve. L’idéal est de repasser à l’ancêtre de ces liquides, le savon, plus sain pour le corps, plus pratique (il se glisse partout pour voyager par exemple) et plus économique. L’idéal est d’opter pour un saponifié à froid. Pour le conserver au mieux, laissez-le sécher à l’air libre, sur un support qui laisse circuler l’air.

Le soin des cheveux

N’allons pas jusqu’aux extrêmes comme le mouvement “no-poo” qui recommande de ne plus du tout se laver les cheveux. Mais pour être plus écoresponsable, on peut choisir d’employer un shampoing solide. Son utilisation est très simple: soit vous le frottez entre vos mains pour récupérer la mousse, soit vous le passez sur le cuir chevelu humidifié et il présente également l’avantage de ne comporter aucune substance nocive. Or, un cuir chevelu qui sera moins irrité par les produits agressifs produira moins de sébum. L’avantage est donc double. On peut prolonger l’expérience avec les après-shampoings solides dont l’utilisation est similaire qui s’appliquent pour rappel sur les longueurs. Enfin, on peut aussi chouchouter nos chevelures avec un masque maison comme celui à l’avocat, le must pour les cheveux secs et abîmés (mélangez un avocat à un jaune d’œuf et deux cuillères à soupe d’huile végétale d’amande douce et laissez poser trente minutes).

L’hygiène buccale

Entre la Cellophane, la boîte en carton et le tube, le dentifrice génère à lui seul une grosse quantité de déchets. Il est possible de le fabriquer soi-même (mélangez trois cuillères à soupe d’argile blanche avec une cuillère à soupe de bicarbonate de calcium et cinq gouttes d’huile essentielle de menthe), mais les dentistes ne sont pas particulièrement adeptes du principe. Il est en effet impossible d’ajouter à la maison le fluor, pourtant essentiel. Une autre alternative réside dans l’acquisition d’un dentifrice solide: il suffit de mouiller sa brosse à dents et de la frotter contre le cube de dentifrice jusqu’à l’apparition de mousse. Attention, la sensation en bouche est différente d’une version classique. En ce qui concerne les brosses à dents, plusieurs options sont possibles. Il y a d’une part les modèles en bambou. Petit bémol: leurs poils sont rarement biodégradables. D’autre part, on trouve également des brosses à dents rechargeables. Leur manche est généralement en bois et seules les têtes doivent être changées. Enfin, mais c’est probablement trop pour la plupart d’entre nous, il existe des brosses à dents naturelles, soit en écorce de noyer ou bâton d’Arak.

Le nettoyage des oreilles

Depuis le 1er janvier 2020, il est interdit de vendre des cotons-tiges en plastique. Pourtant, on retrouve encore les petits bâtonnets, aujourd’hui composés de matières biodégradables. Les O.R.L. ne sont pas fans de leur utilisation: ils peuvent entre autres causer la formation de bouchons de cire. L’idéal est de simplement se nettoyer les oreilles à l’eau, avec un gant de toilette. Les accros au curage peuvent éventuellement acquérir un oriculi, un petit bâton à l’extrémité en forme de petite cuillère. Autre alternative, les chandelles auriculaires, des cônes en toile cirée qui, en brûlant, favorisent l’élimination du cérumen.

Le coin des poils

On évacue donc le rasoir en plastique, bon à jeter après quelques séances, pour le remplacer par un rasoir de sûreté avec ses lames en acier. Un objet qui, s’il est bien entretenu, peut se garder toute une vie. On veillera simplement à changer régulièrement les lames. Et pour remplacer la mousse, rien de tel que le pain de rasage solide. Il suffit de le passer sur la zone à épiler, une fois celle-ci humidifiée. La plupart des pains de rasage permettent également de se passer de lotion apaisante après le rasage.

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Le coin des bébés

On ne reviendra pas sur l’utilisation des couches lavables, écologiques mais énergivores en termes de temps. Cependant, on insiste sur l’utilisation à la maison – en déplacement, c’est plus fastidieux – des lingettes lavables. À la différence de celles à usage unique, elles sont dénuées de composants irritants et moins chères. Imbibez-les simplement d’eau et évitez le liniment qui les rendra moins absorbantes avec le temps. Par contre, pour les petites fesses rouges et irritées, le liniment reste la solution idéale. La recette la plus simple: un volume d’eau de chaux (disponible en pharmacie) pour un volume d’huile végétale (olive ou amande douce).

Entretenir sa salle de bains

Un bidon pour l’entretien des toilettes, un autre pour le lavabo et la baignoire… Les flacons sont nombreux pour briquer la salle de bains. Pourtant, il est facile de la nettoyer avec trois produits de base: le bicarbonate de soude, le savon de Marseille, le vinaigre blanc et le savon noir liquide. Par exemple, pour nettoyer vitres, lavabo, douche, baignoire et robinetterie, mélangez un demi-litre d’eau du robinet à un demi-litre de vinaigre blanc. On peut éventuellement y faire macérer des pelures d’agrumes pour parfumer. Pour laver les sols (également dans le reste de la maison), on mélange 250 ml de savon noir liquide, 40 g de bicarbonate de soude, 25 ml de vinaigre blanc, 700 ml d’eau et dix gouttes d’huiles essentielles (lavande, citronnelle…). Utilisez un bouchon du mélange dans un grand seau d’eau chaude. Transformer sa salle de bains en zone zéro déchet est un vaste chantier. Pour qu’elle soit couronnée de succès, il est essentiel que la démarche soit progressive et qu’elle corresponde à la fois à vos finances (l’investissement de départ peut être un frein) et à vos envies. Si votre moment détente dans le bain ne se conjugue absolument pas sans bain moussant, ne culpabilisez pas. Attention aussi à ne pas tomber dans le piège de la surconsommation en achetant une multitude de livres consacrés au sujet et en acquérant trop de matériel pour la fabrication de vos produits. Gardez en tête que chaque petit geste compte.

Carnet d’adresses: www.sebio.be www.larenarde.be www.greenweez.be www.kitetik.eu

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Les protections intimes

Certains chiffres avancent qu’au cours de sa vie, une femme utilisera en moyenne 11.000 protections hygiéniques. Un budget conséquent qu’il est possible de réduire en adoptant les dispositifs réutilisables.

Les serviettes lavables: D’une durée de vie de 5 ans, elles sont composées de plusieurs couches de tissu absorbant et d’un tissu imperméable. En général, elles s’attachent grâce à des pressions. On en trouve une multitude de modèles, souvent colorés. Et pour les as de la couture, il est possible de les fabriquer soi-même.

Les culottes menstruelles: On en trouve de toutes les formes (culotte, tanga, shorty, boxer…), de toutes les couleurs, avec ou sans dentelle. Fonctionnant sur le même principe que les serviettes lavables, elles sont cependant plus chères à l’achat (30 euros en moyenne) et d’une durée de vie de trois ans. Les cups C’est l’alternative idéale au tampon. On place la coupe menstruelle à l’intérieur du corps et elle récolte les pertes mensuelles. Le plus souvent fabriquée en silicone médicale, elle a une durée de vie de 10 ans si elle est bien entretenue. On en trouve souvent en pharmacie, voire en grande surface et sur des sites spécialisés. Le prix oscille en général entre 20 et 30 euros.

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