La flambée du prix du gaz va-t-elle durer ?

Toute l'Europe fait face à l'augmentation du prix de l'énergie. Alors que l'hiver se profile, certains redoutent le spectre de la pénurie. Décryptage.

La flambée du prix du gaz va-t-elle durer ?
Belga

Le prix du gaz flambe. Ce mardi, en quelques heures, il a bondi de près de 10%. Mais la tendance remonte à au moins six mois. Depuis mars, en effet, le prix du gaz a augmenté de 300% (et de 30% rien qu’en septembre). L’augmentation du coût du gaz emmène dans son sillage celui du charbon et du pétrole et s’ajoute à celui des matières premières. Elle touche spécifiquement l’Europe. Et avec l’hiver qui arrive, les risques de pénurie sont bien réels. Bref, on n’est pas sorti de l’auberge.

Pourquoi le prix du gaz flambe-t-il ?

En économie, tout se résume à une formule : la loi de l’offre et de la demande. Pour faire court, la pandémie avait réduit la demande de gaz à peau de chagrin, laissant les prix plafonner. Mais avec la reprise économique, on observe une demande de gaz dans des proportions inédites. Et l’offre, elle, ne suit pas.

Pourquoi cette ruée vers le gaz ? Prenez les producteurs d’électricité. Ils veulent se détourner du charbon, trop polluant. D’un autre côté, l’année a été peu venteuse, la production éolienne est donc pauvre. Tous se portent donc vers le gaz, parmi les moins polluants combustibles fossiles.

Problème, l’Europe importe la grande majorité de son gaz. Et son premier distributeur est Gazprom, le géant du gaz russe. Or, (en plus des conséquences de la pandémie) les incendies en Sibérie ont délabré une usine à gaz, Nord Stream I a été arrêté pendant quinze jours et, bref, le gaz russe n’arrive qu’au compte-goutte.

Résultat, l’Europe cherche ailleurs, notamment aux Etats-Unis et au Qatar, mais entre en concurrence avec les pays d’Asie et, à ce jeu, elle est perdante. Surtout, cette concurrence fait d’autant plus augmenter les prix.

Cela va-t-il durer ?

Toute la question est là. En somme, cela dépendra… De la météo. Un hiver doux et venteux et les prix du gaz devraient calmer leur ardeur. Un hiver rude et le seul besoin de se réchauffer risque bien de nous coûter bonbon. Du moins, si on en a l’occasion. Car il n’est pas impossible qu’il y ait pénurie…

Le fait est que les stocks de gaz européens ont été fortement entamé par le rude hiver 2020-2021. Environ 65% de stock contre 80% d’habitude à la même période de l’année. Si le gaz n’arrive pas et que son prix continue de grimper, l’hiver risque d’être très très froid… Evidemment, les choses seraient plus simples si l’Europe n’était pas si dépendante des importations…

Une menace sur la transition verte

Cette flambée du prix du gaz a une autre conséquence, sur le Green Deal voulu par la Commission européenne et la transition verte. L’idée de la Commission est de rendre le marché des énergies polluantes très cher pour pousser les entreprises à se tourner vers les énergies vertes. D’où, notamment, la taxe carbone.

Selon Frans Timmermans, vice-président de la Commission chargé de la transition verte, « environ un cinquième de la hausse des prix [de l’électricité] peut être attribué à la hausse du prix du CO2. ». Mais il ajoute, lucide et inquiet : « Nous ne pouvons pas nous permettre d’opposer le social au climat ». De nouveau, la question sociale vient se confronter à la question écologique. Alors que les deux sont interconnectées.

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