La polémique sur la non-mixité choisie rebondit au parlement

Début septembre, la secrétaire d'État à l'Égalité des genres, Sarah Schlitz, avait été critiquée pour avoir participé à une manifestation réservée aux femmes.

La polémique sur la non-mixité choisie rebondit au parlement
@ BELGAIMAGE/ La secrétaire d’État à l’Égalité des genres, Sarah Schlitz, à la Chambre, en juillet 2021

La manifestation réservée aux femmes à laquelle la secrétaire d’État à l’Égalité des genres, Sarah Schlitz, a participé a suscité des tensions mercredi en commission de la Chambre. Le MR a exprimé sa colère à l’égard de l’écologiste, tandis que, de manière beaucoup plus feutrée, l’Open Vld l’a appelée à une « approche positive inclusive ».

Le 3 septembre, dans le cadre des Rencontres écologiques d’été, Mme Schlitz a participé à une « ballade inspirante » à Liège rassemblant une vingtaine de participantes qui ont raconté leurs difficultés durant la crise sanitaire et le confinement. L’événement a suscité la polémique qui a rebondi mercredi au parlement. L’accord de gouvernement prévoit de mener « une politique volontariste qui s’attaquera aux déséquilibres structurels et historiques ». « Il ne s’agit pas d’une mission contemplative », a souligné Mme Schlitz.

Les femmes subissent encore et toujours des inégalités et, selon l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, celles-ci se sont encore aggravées durant la crise. C’est dans ce cadre que la secrétaire d’État a rencontré ce groupe de femmes. « Il ne s’agit pas de faire une compétition entre des catégories mais de tenir compte de conséquences spécifiques sur certaines catégories », a-t-elle ajouté, soulignant qu’il n’y avait « rien de plus normal que d’aller à la rencontre de citoyens ».

Privilégier une « approche inclusive »

La non-mixité choisie, temporaire, est un mode d’organisation bien connu et utilisé par des minorités, par exemple les suffragettes qui réclamaient le droit de vote pour les femmes, ou les femmes chrétiennes, socialistes ou libérales qui se sont organisées entre elles, voire des femmes cheffes d’entreprise qui forment un réseau et sont reçues par des ministres. « J’espère que votre indignation sur les inégalités qui existent toujours dans la société est aussi grande que votre indignation sur cette promenade et que nous travaillerons ensemble sur ce sujet », a-t-elle ajouté.

La réponse de la secrétaire d’État a fait bondir Kattrin Jadin (MR) qui a dénoncé une « argumentation light ». « Je ne suis pas d’accord que nous continuions à travailler de cette manière », a-t-elle souligné, jugeant que « l’interdiction d’un genre à une manifestation n’est pas le bon chemin et est même contraire aux droits fondamentaux de notre État ». Robby De Caluwé (Open Vld) ne doute pas des « bonnes intentions » de Mme Schlitz, mais estime qu’elle doit privilégier « une approche positive inclusive, qui sensibilise aussi les hommes ».

S’attaquer aux discriminations

Dans l’opposition, Frank Creyelman (VB) a estimé que la secrétaire d’État devait présenter sa démission tandis que Valérie Van Peel (N-VA) juge sa position désormais « intenable ». « Je ne suis pas surprise, depuis votre entrée en fonction, vous accroissez la césure entre les hommes et les femmes », a-t-elle affirmé. « On risque d’accentuer la compétition entre catégories de la population », a regretté Sophie Rohonyi (DéFI) qui a reproché à la secrétaire d’État d’enfermer l’homme blanc hétérosexuel dans le rôle d' »oppresseur« .

Les attaques subies par l’écologiste suscitent l’étonnement de son parti. Les événements ne rassemblant que des hommes, les cercles ou loges réservés aux hommes existent toujours, a fait remarquer Séverine de Laveleye (Ecolo-Groen).  « Aujourd’hui, ce qui est inquiétant, c’est la hargne qui est suscitée. Je ne voudrais que l’on finisse par nous dire ce que l’on peut faire et ne pas faire en tant que femmes ».

Qu’un tel débat suscite autant de passion surprend également le PTB. « Si je raconte cela à des travailleurs qui au quotidien subissent des discriminations, ils n’en reviendraient pas. C’est fondamentalement hypocrite, c’est aux discriminations que nous devons nous attaquer », a lancé Maria Vindenvoghel.

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