La Fédération Wallonie-Bruxelles, 50 ans, et un avenir plombé par la dette

La Fédération fête son demi-siècle ce lundi 27 septembre. Vu sa situation budgétaire, critique, la survie de l’institution semble menacée.

La Fédération Wallonie-Bruxelles, 50 ans, et un avenir plombé par la dette
@BELGAIMAGE/ Pierre-Yves Jeholet, le 27 septembre 2021, lors de la Fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Il y a 50 ans, une série de modifications de la Constitution entérinait le principe de « l’autonomie culturelle », et la création, pour les francophones du pays, de la « Communauté culturelle française ». Forte de nouvelles compétences, celle-ci s’est vue rebaptisée « Communauté française » en 1980, puis « Fédération Wallonie-Bruxelles », en 2011. Aujourd’hui, la Fédération est compétente en Wallonie et à Bruxelles, pour des matières telles que l’enseignement, la culture, l’aide à la jeunesse, le sport, les médias, la recherche scientifique, etc.

Mais en ce 27 septembre, la question est plus que jamais d’actualité : la FWB aura-t-elle à l’avenir encore beaucoup d’anniversaires à célébrer ? Avec une 7ème réforme de l’État annoncée pour 2024, l’avenir de l’entité s’inscrit en effet en pointillé. En cause ? Une situation budgétaire extrêmement menaçante.

Une entité trop dépendante

« Comme c’est aujourd’hui, la situation de la Fédération Wallonie-Bruxelles n’est pas tenable », reconnaissait son ministre du budget, Frédéric Daerden (PS), en juin dernier. « La situation n’est pas bonne. Elle ne s’améliore pas », déplorait le socialiste. Après un déficit historique de 1,9 milliard en 2020, l’entité prévoit à nouveau un trou de 1 milliard d’euros cette année. Selon les projections du Bureau du plan et du cabinet Daerden, la dette pourrait pratiquement doubler en six ans, passant de 7,25 milliards fin 2019 à 14,2 milliards fin 2025.

Un problème, dans le cas de la FWB, et ce, pour au moins deux raisons. D’abord, parce que l’entité n’a pas de leviers fiscaux propres ; ses recettes dépendent principalement du fédéral. Ensuite, parce que ses dépenses, majoritairement constituées de salaires (dans l’enseignement, dans la culture…) sont difficilement compressibles, à moins de réduire l’emploi dans ces mêmes secteurs.

Vers une Belgique à 4 ?

En raison de cette précarité financière, d’aucuns estiment que les jours de la FWB sont désormais comptés. « Il est clair qu’il va y avoir des évolutions institutionnelles. Je ne sais pas quand, ni à quel rythme, mais il y aura des évolutions », jugeait Frédéric Daerden. « Est-ce que ce sera la disparition pure et simple du lien entre la Wallonie et Bruxelles ? Ce serait une erreur lourde, (…) mais je pense qu’une évolution est une nécessité ». L’avenir de la Fédération sera donc un des gros enjeux politiques pour ces prochaines années.

Pourrait-on déboucher sur une suppression pure et simple de l’entité, une régionalisation de ses compétences et donc, une Belgique à 4 régions ? Sur la RTBF, le Ministre-Président de la FWB, Pierre-Yves Jeholet (MR) plaidait en tout cas ce lundi pour un « vrai projet francophone ». « Depuis deux ans, ce que je constate, c’est que le lien est de plus en plus distendu entre les Wallons et les Bruxellois, expliquait-il. Je ne comprends pas et j’ai du mal à voir l’intérêt, que ce soit de la Wallonie ou Bruxelles, de ne plus avoir ce lien. (…) Quand j’entends certaines personnes, j’ai l’impression qu’on n’en a plus grand-chose à faire des Bruxellois du côté Wallon. Et ça m’inquiète », ajoutait le libéral.

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