Jean-Luc Mélenchon condamné pour diffamation envers un ancien journaliste du Monde

Son attaque ad hominem qui date de 2016 ne peut être justifiée dans le cadre de la loi, d’après le jugement.

Jean-Luc Mélenchon condamné pour diffamation envers un ancien journaliste du Monde
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Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a été condamné vendredi par le tribunal correctionnel de Paris pour diffamation publique à l’encontre d’un ex-journaliste du Monde qu’il avait qualifié en 2016 d’«assassin repenti».

Au-delà de la liberté d’expression selon le juge

Alors candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon s’en était pris au journal Le Monde dans un billet sur son blog, «L’ère du peuple», en novembre 2016. Il y avait qualifié le journaliste Paulo Paranagua, spécialiste de l’Amérique Latine, d’«assassin repenti». «Les limites admissibles de la liberté d’expression sont dépassées», estime le jugement, consulté par l’AFP.

Le journaliste, désormais retraité, avait déposé une plainte en diffamation en février 2017, mais M. Mélenchon ne s’était présenté au juge pour un interrogatoire de première comparution qu’en juillet 2019. «Jean-Luc Mélenchon, qui se fait volontiers donneur de leçons, abuse en réalité de la liberté d’expression et aura tenté sans succès d’échapper à la justice», a déclaré l’avocat de Paulo Paranagua dans un communiqué.

Condamné à une amende de 500 euros avec sursis, Jean-Luc Mélenchon devra verser 1.000 euros au journaliste à titre de dommages et intérêts, ainsi qu’une indemnité de procédure de 3.500 euros. L’avocat de Jean-Luc Mélenchon a annoncé son intention de faire appel. «Je considère que nous n’avons pas à prendre en considération cette décision, qui est en totale contradiction avec le droit applicable à la diffamation», a expliqué Me Mathieu Davy.

Paulo Paranagua avait aussi attaqué M. Mélenchon pour l’absence à l’époque de mentions légales sur le site melenchon.fr, faisant valoir que cela l’avait empêché d’assigner le chef de la France insoumise en diffamation au civil. Le 10 juillet 2019, le député a été condamné dans le cadre de cette procédure à verser un euro symbolique de dommages et intérêts ainsi que 2.000 euros au titre des frais de justice à M. Paranagua.

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