Covid: voici pourquoi l’épidémie reprend autant en province de Liège

Cette vague de contaminations ne provoquera pas nécessairement une vague d'hospitalisations. Mais les autorités liégeoises ont imposé le Covid Safe Ticket pour tout rassemblement organisé dans la province.

Covid: voici pourquoi l’épidémie reprend autant en province de Liège
Une unité Covid-19 à l’hôpital de Liège @BelgaImage

Le cap est symbolique: pour la première fois depuis des mois, ce n’est plus Bruxelles mais la province de Liège qui serait la partie du pays la plus touchée par l’épidémie de Covid-19. Toutes deux sont en tout cas au coude à coude dans l’incidence hebdomadaire de cas de coronavirus. Et vu que Bruxelles a de moins en moins de contaminations, contrairement à Liège, cette dernière devrait facilement rattraper la capitale dès cette semaine. Les autorités liégeoises en ont d’ailleurs tiré les conclusions: le pass sanitaire (ou Covid Safe Ticket) est désormais requis pour tout rassemblement organisé dans la province. Une obligation modulée «en fonction du nombre de personnes réunies et du caractère plus ou moins privé ou public des manifestations», précise Daniel Bacquelaine (MR), bourgmestre de Chaudfontaine. Mais est-ce que cette flambée de contaminations est inquiétante? À vrai dire, moyennement, vu les raisons qui la sous-tendent.

Moins de vaccinés, plus de contaminés

Le premier facteur qui explique cette reprise de l’épidémie, c’est que la province de Liège est la province la moins vaccinée du pays (66,6% de la population a reçu au moins une dose). Plus spécifiquement, ce sont les arrondissements de Liège et de Verviers qui sont particulièrement concernées. Les deux communes belges où la vaccination est la plus faible font d’ailleurs partie de l’arrondissement de Verviers: Dison (56,1%) et Waimes (57,8%).

Vu que la vaccination aide à freiner les infections, cela a un impact sur les chiffres. La commune la plus contaminée de Belgique à ce jour est d’ailleurs… Waimes. Les douze localités les plus touchées du pays se situent d’ailleurs sans exception dans l’est de la province de Liège. Toutes ne sont pas des cancres de la vaccination, à l’image de Juprelle (71% de vaccinés), mais leur proximité permet au virus de circuler malgré tout.

Carte de l’incidence de cas de Covid-19 sur 14 jours en Belgique, en date du 24 septembre 2021 @Sciensano

Les jeunes en première ligne

L’autre explication, c’est le rôle des mineurs. Du 12 au 19 septembre, 696 cas de coronavirus ont été détectés chez les 10-19 ans liégeois, loin devant les autres classes d’âge (de 427 chez les 30-39 ans à seulement 15 chez les plus de 90 ans). Comparé à la semaine précédente, seuls trois groupes sont victimes d’une augmentation notable du nombre de cas de Covid-19: les 10-19 ans (+174%), les 0-9 ans (+128%) et les 40-49 ans (+69%). Les autres classes d’âge sont plus ou moins stables, voire moins touchées qu’auparavant (c’est le cas des 50-59 ans de la province, avec -4%).

Les mineurs ne sont donc pas les seuls à propager l’épidémie, mais ils en sont devenus indéniablement le moteur principal. Pourtant, ce n’a pas toujours été le cas. Pendant des semaines, à l’échelle nationale, c’étaient les 20-29 ans qui étaient les plus contaminés. Aujourd’hui, les 10-19 ans sont loin devant (3.231 cas sur la dernière semaine, contre 1.938 chez les 20-29 ans).

Des hôpitaux relativement calmes… pour l’instant

Ce rajeunissement de l’épidémie explique les hôpitaux liégeois ne soient pas autant débordés que lors des vagues précédentes. Plus on est jeune, moins on a de risque de développer une forme grave de la maladie, et cela se voit. Les hospitalisations sont en hausse mais cela reste modéré (8 pour 100.000 habitants et 35 lits occupés en soins intensifs, soit 15% de la capacité totale en province de Liège).

La question maintenant, c’est de savoir jusqu’où va aller cette hausse des contaminations. Pour l’instant, les chiffres sont très loin d’atteindre ceux de la deuxième vague. Mais si cette flambée n’est pas maîtrisée, elle pourrait sérieusement menacer les adultes (surtout ceux non-vaccinés).

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