Albin de la Simone : histoires sans paroles

Réalisateur pour Pomme, illustrateur pour l’expo De Funès qui ouvre à Bruxelles le 2 octobre, il se rappelle qu’il est aussi musicien sur un lumineux album instrumental.

Albin de la Simone : histoires sans paroles
Albin de la Simone

Pendant le confinement, je n’étais pas inspiré pour écrire des chansons. Je n’avais rien à dire d’intéressant, mais je ressentais l’envie de continuer à exprimer la part musicale qui est en moi. ” Le sixième album d’Albin de la Simone s’intitule “Happy End”. Sur la pochette qu’il a dessinée lors d’un séjour sur l’île de Stromboli, on entrevoit un ciel bleu et la mer. On devine le calme. Et ça résume parfaitement l’esprit de ce disque instrumental riche de onze plages. “C’est de la musique pour regarder par la fenêtre, le truc que tu écoutes quand tu as résolu toutes les questions. C’est apaisant et serein. Il n’y a pas de paroles ,mais ce n’est pas moins digne comme projet et ça raconte quelque chose.”

Albin de la Simone a enregistré “Happy End” en trois jours au studio Ferber à Paris, entouré de sa collection d’instruments (piano, guitare, mellotron, synthé, un zeste de batterie…). On pense forcément aux musiques de films. L’influence d’Ennio Morricone est palpable sur Soleil et La falaise. Plus ambient, Estremadura évoque, pour sa part, les albums “Music For Films” et “Music For Airports” de Brian Eno. Albin de la Simone cite aussi Philippe Sarde et le pianiste néoclassique allemand Nils Frahm. “Je garde aussi inconsciemment le format “chanson” dans ma tête. Les morceaux sont courts, comme des bonbons, ils ne demandent pas d’effort d’écoute. J’ai évité les solos ou les répétitions kilométriques du même thème.” Enchanté par ce projet spontané, son label Tôt ou Tard a décidé d’en faire le premier volume d’une collection intitulée “Les Instrumentôt ou Tard”. “Je sais que Vincent Delerm travaille sur un projet similaire. Je rêve de voir Yael Naim s’y mettre. C’est une pianiste extraordinaire.

Le 5 novembre, il retrouvera ses “collègues” de label, y compris le “petit Belge qui monte”, Noé Preszow, sur un album collectif marquant les vingt-cinq ans de Tôt ou Tard. Albin de la Simone avoue aussi recevoir “beaucoup de propositions” de collaborations depuis le succès de l’album “Les failles” de Pomme dont il a assuré la production. “Des gens disent reconnaître ma “ patte” sur “Les failles”. Moi, je reconnais surtout celle de Pomme. Elle est balèze et très intelligente. C’est une femme en phase avec son époque, tout en étant à contretemps dans sa proposition musicale.” Plus improbable, c’est aussi la signature d’Albin de la Simone, dessinateur “durant mes heures de hobby”, qu’on retrouvera sur tous les produits dérivés de l’expo Louis de Funès qui s’ouvre ce 2 octobre au Palace, à Bruxelles. Du décapsuleur Rabbi Jacob à la carte postale Fantomas, c’est du joli…

Happy End ***
Albin de la Simone
Tôt ou Tard/[PIAS]

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