Pourquoi Amazon fait campagne pour la légalisation du cannabis

Le géant du commerce en ligne part en croisade pour la légalisation du cannabis au niveau fédéral. Plus par intérêt que par passion.

Pourquoi Amazon fait campagne pour la légalisation du cannabis
Amazon met le paquet. – INA FASSBENDER / AFP

« Amazon soutient l’effort pour réformer la politique nationale en matière de cannabis. » C’est le géant de la tech lui-même qui l’indique sur son site corporate. Alors que la consommation de cannabis est déjà autorisée dans une série d’États américains, Amazon veut aller encore plus loin, en affichant son soutien à deux propositions de loi en faveur de la légalisation au niveau fédéral.

Le premier texte, voté à la Chambre des représentants en 2020, avant d’être bloqué au Sénat alors contrôlé par les républicains, vise à retirer le chanvre de la liste des substances contrôlées du gouvernement fédéral. Dans la même optique, le second prévoit d’octroyer des fonds aux États afin qu’ils effacent les casiers judiciaires des personnes qui ont été condamnées pour des délits mineurs liés à la marijuana. « Nous espérons pouvoir travailler avec le Congrès et avec d’autres partisans de ce genre de mesures pour obtenir la mise en œuvre de cette réforme nécessaire », explique Beth Galetti, directrice générale déléguée aux ressources humaines d’Amazon.

Bien sûr, ce lobbying de la part du mastodonte du commerce en ligne n’est pas désintéressé. Outre le facteur « cool » que cela représente, la légalisation du cannabis permettrait à la société créée par Jeff Bezos d’embaucher toujours plus d’employés.

Toujours plus

Amazon a besoin de bras. La semaine dernière, l’entreprise qui emploie déjà près d’un million de personnes aux Etats-Unis annonçait vouloir en embaucher 125.000 supplémentaires pour répondre à l’explosion du nombre de commandes en ligne depuis le début de la pandémie. Mais sur un marché de l’emploi américain en pleine pénurie de main d’œuvre, la tâche s’avère compliquée.

Pour continuer à grossir comme il l’entend, le digne représentant de la surconsommation met le paquet, avec notamment une augmentation de salaire, de 15 à 18 dollars, voire 22,5 dollars à certains endroits. Les employés à temps plein auront également accès à une assurance-santé, un plan d’épargne retraite et auront la possibilité de se faire payer leurs études universitaires.

Dans ce contexte difficile, les tests de dépistage du cannabis avant embauche constituent également « un obstacle à l’emploi », note Amazon. C’est pourquoi la firme a décidé récemment d’y renoncer sauf pour des fonctions sensibles comme celle de chauffeur poids lourds. « Cela nous offre un plus grand vivier de candidats », se réjouit Beth Galetti dans un communiqué, en citant également de réelles raisons d’équité puisque ces tests anti-drogue préalables à l’embauche touchent « de manière disproportionnée les personnes de couleur ».

Amazon invite dès lors les politiques à légaliser le cannabis au niveau fédéral afin de mettre en place un programme « équitable et cohérent » de dépistage avant l’embauche. Cette année, selon des documents consultés par Business Insider, l’entreprise a déjà dépensé plusieurs millions de dollars en lobbying à ce sujet. Doit-on y voir également une raison commerciale ou le prochain investissement de Jeff Bezos ?

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