Bientôt un chargeur universel pour smartphones ?

C'est le voeux de la Commission européenne qui a dévoilé sa proposition législative au grand dam d'Apple.

Bientôt un chargeur universel pour smartphones ?
Belga

La Commission européenne a dévoilé jeudi sa proposition législative pour imposer au secteur technologique un chargeur universel pour les smartphones et autre petit électronique multimédia portatif (tablettes, appareils photo, casques, haut-parleurs et consoles de jeux vidéo). Le port USB Type-C deviendrait le port standard, et il serait obligatoire de proposer l’appareil et le chargeur séparément si le consommateur le souhaite, pour éviter qu’il n’accumule des chargeurs inutiles.

Apple, qui utilise actuellement sa propre technologie Lightning, devra aussi s’y plier. Ses appareils devraient ainsi, dans quelques années, comporter un autre port de recharge (éventuellement en plus du port actuel).  On parle depuis plus de 10 ans d’un chargeur « universel ». Des engagements volontaires du secteur ont entre-temps permis de limiter les types de chargeurs différents à trois (pour les téléphones mobiles).

Pour harmoniser encore et limiter les déchets électroniques, la Commission propose maintenant de définir un port de charge unique, l’USB-C, et un même protocole de charge (USB Power Delivery) pour la recharge rapide. La proposition comporte aussi des obligations en termes d’information du consommateur.  Le Parlement et le Conseil (Etats membres) vont désormais devoir étudier la proposition et prendre position.

Apple pas content

Si les futures obligations pourraient gonfler quelque peu le prix de certains produits, elles devraient parallèlement éviter des coûts inutiles d’achat de chargeurs supplémentaires, et réduire la montagne de déchets électroniques.  Apple, qui fait valoir que sa technologie Lightning équipe plus d’un milliard d’appareils dans le monde, a aussitôt réitéré son opposition.

« Cette réglementation étoufferait l’innovation au lieu de l’encourager et nuirait aux consommateurs en Europe et dans le monde », communique le groupe. La firme à la pomme, qui estimait l’an dernier qu’une telle législation générerait « un volume sans précédent de déchets électroniques » en rendant obsolètes une partie des chargeurs en circulation, s’alarme de la transition de 24 mois proposée par Bruxelles, jugée précipitée, et du bouleversement de ses filières de recyclage actuelles.

Mesure écologique ?

La Commission rétorque que les consommateurs européens, qui dépensent environ 2,4 milliards d’euros par an pour des achats de chargeurs seuls, pourraient économiser au moins 250 millions d’euros annuellement, et que les déchets de chargeurs non utilisés, évalués à 11.000 tonnes par an, pourraient être réduits de presque 1.000 tonnes.

Les géants technologiques américains « jouent toujours le coup de l’innovation qu’on étrangle. Ce n’est pas une réglementation contre l’innovation ou contre qui que ce soit, elle vise à rendre la vie des consommateurs européens plus facile », a commenté Thierry Breton.

Bruxelles assure préserver la capacité d’innovation des entreprises – notamment sur les techniques de charge sans fil, précisément exclues du projet de directive car elles sont considérées encore largement en développement sur un marché actuellement « peu fragmenté ».

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