Quand le volcan de La Palma engloutit maisons et piscines

Le nombre d’habitations touchées ne cesse d’augmenter alors que le contact tant redouté de la lave avec la mer ne devrait plus tarder.

Quand le volcan de La Palma engloutit maisons et piscines
@BelgaImage

Ce mercredi matin, l’éruption du Cumbre Vieja, au sud de l’île de Palma, est entrée dans sa phase la plus «explosive», atteste l’Institut volcanologique des îles Canaries (Involcan). Les experts notent que «le réseau sismique canarien enregistre une forte augmentation de l’amplitude du trémor volcanique depuis les quatre dernières heures» et la situation se dégrade à plusieurs égards. La coulée de lave, qui file droit vers l’océan, emporte tout sur son passage, rasant maisons et piscines, comme en attestent les nombreuses vidéos virales circulant sur Internet.

«C’est pratiquement toute ta vie qui part comme ça»

Depuis le début de l’éruption ce dimanche, près de 6.000 personnes ont dû être évacuées et le nombre de maisons englouties par le volcan ne cesse d’augmenter. Selon le dernier bilan, près de 320 habitations sont désormais rayées de la carte. Et les experts estiment que ce chiffre pourrait monter à environ 500 dans les prochains jours, même si cela pourrait encore être revu en fonction de la poursuite de l’éruption. Le gouvernement espagnol a commencé à négocier avec plusieurs banques afin que ces sinistrés soient aidés mais à l’heure actuelle, aucun accord n’a été établi.

«C’est pratiquement toute ta vie qui part comme ça… Le volcan se réveille, il dit ‘Je sors par là’ et il met pratiquement toute ta vie en l’air», confie à l’AFP un habitant qui a vu sa maison détruite. «On n’arrive pas à y croire. On se dit que notre maison est désormais sous ce volcan. Il n’y a rien à faire, c’est la nature», se résigne son épouse.

Contact avec la mer prochainement

Outre les résidences, la coulée de lave a également ravagé les cultures bananières qui représentent une des grandes ressources économiques de La Palma. Près de 1.200 hectares ont été détruites et resteront stériles par la suite. En ajoutant à cela toutes les retombées négatives de l’éruption, des centaines d’emplois devraient disparaître et La Palma devrait subir une perte de 400 millions d’euros. L’île devrait pouvoir demander l’aide du Fonds de solidarité de l’Union européenne (UE), surtout qu’elle vient d’être déclarée «zone catastrophique» par le président des Canaries Ángel Víctor Torres.

La suite n’augure rien de bon puisque le scénario tant redouté, celui d’un contact de la lave avec la mer, serait sur le point de se réaliser. Ce mercredi matin, la coulée n’est plus qu’à 2-3 petits kilomètres de l’océan et si elle n’avance plus que de 120 à 300 mètres par heure en moyenne (contre 700 auparavant), les scientifiques ne doutent pas que ce mur de 12-15 mètres de haut atteindra sa destination. Une rencontre qui devrait avoir lieu selon les sources d’ici demain dans les scénarios les plus pessimistes, ou début de la semaine prochaine, ce qui serait particulièrement dommageable. Lorsque la lave de plus de 1.000°C touchera l’eau de mer, cela formera des nuages ​​de chlore et d’autres gaz toxiques très denses au-dessus de l’île de La Palma. Des pluies acides extrêmement dangereuses pourraient en résulter. Les 85.000 habitants de l’île ont reçu pour consigne de ne pas s’approcher et de se couvrir la bouche et le nez. Une zone d’exclusion maritime a été décrétée autour de La Palma alors que les cendres ont déjà atteint l’océan. L’éruption pourrait durer entre quelques jours à deux mois, selon les estimations des experts.

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