« En Belgique, on imagine que le Covid ne franchira pas la frontière linguistique »

Pour slalomer dans ce bazar des règles Covid, prenons Jonathan, un Bruxellois non vacciné (parce qu’il est “libre”, qu’il dit).

Illustration picture shows a person sitting by the window, in a train, to illustrate the new rule that rail passengers may only sit on window seats will only be applied to trains to coast stations, Monday 29 March 2021. The rule applies during the Easter holidays (April 3-18) and the weekend of April 24 and 25 and are part of a series of extra restrictions to attempt at keeping the third corona virus curve as low as possible. To manage the influx of day trippers, the railway company NMBS-SNCB must limit the capacity on the trains to tourist destinations by only allowing passengers to sit next to the window. Children under the age of 12 are allowed to occupy other seats. BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ

Belgique, pays de seulement 30.689 kilomètres carrés. Mais très peuplé: 374 habitants par km2. La plus grande densité terrienne derrière les Pays-Bas. Ça fait du monde qui se croise. La France est vingt fois plus grande (632.734 km²), et ne compte que 118 Français au km2. L’Italie, c’est 195 personnes par km², deux fois moins que chez nous. En France, le pass sanitaire est demandé partout où on se fréquente de près, et sur tout le territoire. Comme aux Pays-Bas. L’Italie vient d’étendre son “Green Pass” (déjà obligatoire pour les professions de santé, là-bas) à tous les lieux de travail, public comme privés, et ce du Val d’Aoste à Palerme.

Et en Belgique surpeuplée? Dans ce pays rikette où on doit contenter tout le monde, on décentralise, on éparpille gaiement. Donc on tripatouille la science. On imagine que le Covid ne franchira pas les frontières des Régions. Le pass sanitaire (dit “Covid Safe Ticket” pour faire belgo-simple) ne sera donc exigé qu’à Bruxelles. Depuis vendredi, on a aussi appris que les aérosols ne voyageaient pas de la même manière selon qu’on est wallon, flamand, bruxellois ou germanophone. Le port du masque ne sera maintenu qu’en Région bruxelloise (sous-vaccinée).

Pour slalomer dans ce bazar, prenons Jonathan, un Bruxellois non vacciné (parce qu’il est “libre”, qu’il dit). Jona pourra aller travailler sans masque à Louvain (mais pas dans le train!). Le soir, chez lui à Jette, il le réenfilera pour acheter un jeans chez C&A et présentera un CST pour manger un stoemp-carottes sur la place du Miroir (mais pas en terrasse!). S’il va bisouter Vanessa chérie à Ottignies, il pourra l’enlever et même taquer des bières dans un bar avec des potes. Qu’il contaminera éventuellement. Idem pour Nénenne de Liège. Quand ils iront déguster une tarte au riz en Féronstrée, il sera démasqué et libre de CST. Sauf bien entendu – je répète: nous sommes en Belgique – si le bourgmestre de Liège impose des mesures plus strictes que le gouvernement wallon. Il peut. Quand il a essayé de savoir s’il devait prévoir un masque ou un test PCR pour aller voir le spectacle de danse de sa filleule, il a eu mal à la tête. La petite Louna habite dans une commune à facilités…

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