Covid-19: la situation préoccupante entraîne de nouvelles mesures à Liège

Face à la hausse inquiétante des contaminations, la province de Liège n'abandonne pas le masque. Mais les mesures ne s'arrêteront pas là pour contenir l'épidémie.

Covid-19: la situation préoccupante entraîne de nouvelles mesures à Liège
– BELGAIMAGE

 

La province de Liège est dans le rouge. Après avoir basculé en phase 4 d’alerte sanitaire la semaine dernière, la situation ne s’améliore guère. Pire, les contaminations flambent : 423 cas par 100.000 habitants ont été recensés sur 14 jours. Un taux « supérieur à ce qu’on avait lors de la troisième vague et à peu près équivalent à la première vague », analysait ce lundi matin sur La Première Philippe Devos, chef des soins intensifs au CHC de Liège. Le taux de positivité est, lui, le plus élevé du pays avec 9% de résultats positifs sur l’ensemble de tests réalisés.

Côté hospitalisations, les chiffres remontent également, avec notamment 15% des lits disponibles en soins intensifs occupés des patients Covid. Si les hôpitaux ne sont pas saturés à l’heure où le virus circule énormément, c’est grâce aux vaccins, précise l’ancien président de l’association belge des syndicats médicaux. Il s’est dit néanmoins inquiet pour les Liégeois de plus de 65 ans qui ne sont pas vaccinés. « Il faudrait que cette population se réveille », a-t-il lancé.

Télétravail, ventilation…

Face à cette situation préoccupante, le gouverneur de la province de Liège Hervé Jamar s’apprête à serrer encore un peu plus la vis. Samedi, au lendemain du Comité de concertation, il avait déjà signé un arrêté de police actant le maintien du port obligatoire du masque en intérieur pour les plus de 12 ans, sauf lors des événements publics et privés qui sont soumis au Covid Safe Ticket. L’assouplissement autorisé par le fédéral sera dès lors réservé aux champions de la campagne de vaccination, à savoir la Flandre.

Ce lundi matin, le gouverneur libéral a réuni sa cellule de crise pour discuter d’un renforcement des mesures sanitaires. Sur la table, il y a plusieurs possibilités, citées par RTL, comme le retour du télétravail fortement recommandé, la fermeture des nightshops à une heure du matin ou encore la sensibilisation autour de la ventilation des établissements. Un nouvel arrêté de police est attendu cet après-midi.

Insuffisant

Invité sur le plateau de C’est pas tous les jours dimanche, le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke avait salué ce week-end la décision du gouverneur liégeois de rappeler aux habitants de sa province que le port du masque y reste obligatoire. « Mais ce n’est pas suffisant. Il faut reprendre des initiatives de vaccination », avait souligné le socialiste flamand, ciblant notamment les communes fortement touchées par les inondations de la mi-juillet.

Pour lui, il serait intelligent, en attendant un taux de vaccination plus élevé, d’utiliser plus largement le Covid Safe Ticket. Une mesure que Hervé Jamar ne risque pas de prendre tant qu’un cadre juridique n’a pas été adopté, mais aussi pour ne pas mettre à mal la communication du président de son parti.

Plutôt que d’imposer le Covid Safe Ticket ou de nouvelles mesures strictes, comme la fermeture des écoles, Philippe Devos, lui, propose une autre option: miser sur une campagne de vaccination de proximité, avec les médecins généralistes. « Il faut vraiment aller auprès de ces patients, parler en tête-à-tête avec les non-vaccinés », a-t-il suggéré sur la Première. « Le rôle du médecin généraliste est prépondérant et a été oublié depuis le début de la crise. Il est temps de les remettre au front. »

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