Quand la Flandre retrouve le sourire

Le masque tombe un peu partout… en Flandre. Dans le sud du pays et dans la capitale, il faudra prendre son mal en patience, même si le Covid Safe Ticket se présente comme une solution dans certains secteurs.

Jan Jambon
Jan Jambon au dernier Codeco. – BELGA PHOTO POOL OLIVIER HOSLET

 

C’est sans doute l’annonce la plus marquante du Comité de concertation de ce vendredi : à partir du 1er octobre, le port du masque ne sera plus imposé en rue, dans les restaurants, commerces, lieux de travail et lors de petits rassemblements. Il restera néanmoins d’actualité dans les transports, les établissements de soins ainsi que pour le personnel et les clients des professions de contact. Mais attention, chaque Région est libre d’appliquer ou non cette mesure.

À Bruxelles, la situation ne permet pas d’adopter ces assouplissements, a précisé d’emblée le cabinet de Rudi Vervoort. Rien ne change pour l’instant. La Wallonie rendra sa décision dans quelques jours, mais le ministre-président Elio Di Rupo appelle déjà à la prudence. Seule la Flandre, qui bénéficie du plus haut taux de vaccination du pays, devrait donc suivre la décision fédérale. « On a franchi une très grande étape dans le chemin vers la liberté », s’est réjoui Jan Jambon à l’issue du Codeco.

Trop tôt ?

Selon Steven Van Gucht de l’Institut de santé publique Sciensano, ces assouplissements sont un peu trop précoces. « Nous sommes au début d’une période difficile. Le grand test n’arrive qu’en octobre, novembre, peut-être même un peu plus tard », a rappelé le virologue. « Nous ne savons pas vraiment comment évolueront les infections à cette période. C’est pourquoi j’aurais préféré que les assoupissements arrivent un peu plus tard. Il y aurait alors eu plus de données et donc plus de certitudes. »

De son côté, le virologue Marc Van Ranst estime qu’« à un certain moment, il faut oser franchir le pas ». « Ce ne sont pas des décisions faciles à prendre pour les différents gouvernements », a-t-il admis sur la VRT.

En tout cas, les secteurs concernés sont ravis de cette décision. Pour Matthias De Caluwé, le porte-voix de l’horeca flamand, le 1er octobre signera « le retour du sourire » dans les restaurants et cafés du nord du pays. La Fédération des Cafés de Belgique se réjouit aussi des nouvelles décisions. « Bien sûr que nous sommes satisfaits de la suppression de l’obligation du masque buccal en Flandre », a déclaré le directeur général Erik Beunckens à Belga. « C’était un vrai problème pour nos travailleurs car ce n’est pas un travail sédentaire. Dernièrement, il y avait eu de nombreuses plaintes de problèmes respiratoires et de maux de tête. »

Le retrait du masque grâce au Covid Safe Ticket ?

À partir du 1er octobre, dans la capitale, les clients des restaurants et cafés pourront eux aussi, en quelque sorte, profiter de la fin du port du masque, puisque le Covid Safe Ticket sera demandé à l’entrée de l’établissement. Reste encore à connaître ses modalités. « Nous espérons que les exploitants ne seront pas des victimes. Les clients doivent être responsables. Si une infraction est constatée dans un échantillon aléatoire, le café lui-même ne devrait pas être condamné à une amende », plaide Erik Beunckens.

La Wallonie réfléchit, elle aussi, à l’extension du pass sanitaire. Le gouvernement régional a d’ailleurs demandé jeudi l’avis du Risk Assessment Group sur la question. En fonction de la situation sanitaire de la Région, il devrait se décider la semaine prochaine.

Sur le même sujet
Plus d'actualité