Une première: Oxford et Cambridge perdent la tête du classement des universités britanniques

Leur nouvelle concurrente s’est imposée grâce à de nombreux atouts.

Une première: Oxford et Cambridge perdent la tête du classement des universités britanniques
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La plus ancienne université d’Écosse, l’Université de St Andrews est la meilleure université du Royaume-Uni, selon le classement du journal The Times of London. C’est la première fois en 30 ans d’histoire de la liste – ou de tout autre classement britannique-, selon Sky News, que Cambridge ou Oxford n’occupe pas la première place.

«Ce n’est pas un coup de chance»

L’université de St Andrews, située dans une petite ville côtière de 17.000 habitants, a été fondée en 1413, au nord de la capitale Édimbourg. L’université est très populaire auprès des étudiants étrangers. C’est également à St Andrews que le prince William d’Angleterre a rencontré celle qui allait devenir son épouse, Kate.

L’université écossaise doit sa première place dans le «Good University Guide» principalement à la note élevée accordée par les étudiants. Celle-ci est restée pratiquement au même niveau pendant la crise sanitaire, avec des cours en ligne, alors qu’elle a chuté plus fortement dans de nombreux autres établissements. Les universités d’Oxford et de Cambridge occupent les deuxième et troisième places. Les huit dernières années, c’est Cambridge qui menait la danse.

Selon Alastair McCall, responsable pour le classement, la réussite de St Andrews ne doit pas être sous-estimée. «Ce n’est pas un coup de chance», dit-il. «Depuis plusieurs années, l’université comble le fossé sur le duopole d »Oxbridge’ (contraction d’Oxford et Cambridge, ndlr), portée par l’excellente appréciation des étudiants».

Les clés du succès

Plus de 90% des étudiants de St Andrews sont satisfaits de leur milieu de travail et beaucoup trouvent un emploi après leurs diplômes grâce aux stages organisés par l’université. St Andrews organise également des programmes passerelles qui permettent à certains étudiants venus de milieux défavorisés d’avoir accès à des cursus exigeants (comme en médecine ou en physique) qu’ils auraient pu difficilement suivre autrement. L’astuce : ajouter une année à leur diplôme de bachelier pour qu’ils soient à niveau. Une philosophie qui tranche avec les très élitistes Oxford et Cambridge mais qui est en partie forcée. Le gouvernement écossais oblige en effet les établissements d’enseignement supérieur d’avoir au moins 20% de leurs effectifs issus des zones défavorisées d’Écosse. St Andrews, attachée à son image d’excellence, a donc dû trouver le juste milieu pour continuer à attirer la crème de la crème tout en remplissant cet objectif.

Outre cela, St Andrew met un point d’honneur à ce que le milieu soit le plus accueillant possible pour les étudiants. Les candidatures extra-européennes sont nombreuses, notamment depuis l’Inde et les États-Unis, en partie grâce à l’aura de Kate et William qui sont passés par là mais aussi grâce à un cursus réputé en relations internationales. L’université a également été primées aux Pink News Awards pour son engagement envers la communauté LGBT. Enfin, les cours sont moins magistraux et plus basés sur l’initiative individuelle.

«Je pense que St Andrew a beaucoup des qualités d’Oxford et de Cambridge, même si elle n’est pas constituée de collèges», témoignait en 2019 auprès du Guardian la principale de l’université Sally Mapstone. «C’est une petite université et très tournée vers l’international. Elle a beaucoup de choses en commun avec l’Oxbridge, mais elle est aussi très différente».

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