Le sepsis, cette infection mortelle encore trop méconnue en Belgique

Une étude a révélé qu’à Wuhan, 100% des décès dus au Covid-19 étaient associés à un sepsis. En Belgique, cette infection sévère continue d’être diagnostiquée trop tardivement.

Le sepsis, cette infection mortelle encore trop méconnue en Belgique
@BelgaImage

 

Chaque année dans le monde, 47 à 50 millions de personnes sont touchées par le sepsis. 11 millions en meurent, soit plus d’un patient sur 5. Beaucoup de ces morts pourraient être évités, si le phénomène était mieux diagnostiqué, et donc traité plus rapidement. En Belgique, c’est simple, aucun suivi statistique n’est disponible : le sepsis est un tueur silencieux.

Lors de la journée mondiale du sepsis, lundi, des spécialistes se sont réunis autour d’une table ronde parlementaire. Dans une proposition de résolution, ils ont réclamé un plan national sepsis pour la Belgique, prévoyant notamment la collecte de données sur la prévalence du sepsis chez nous, les traitements administrés, le nombre de décès causés, etc.

Pas une maladie à proprement parler

Jusqu’il y a peu, on parlait de « septicémie ». Le terme est aujourd’hui abandonné ; on lui préfère celui de sepsis, même s’il ne désigne pas exactement la même chose. « Le sepsis est le terme anglo-saxon et international employé pour caractériser une réponse inflammatoire généralisée associée à une infection grave », détaille l’Institut Pasteur sur son site. Ce n’est donc pas une maladie à proprement parler, mais bien un tableau clinique (un ensemble de symptômes) grave provoqué par la présence d’une bactérie, d’un virus, d’un champignon ou d’un parasite dans le corps.

Le terme septicémie est plus restrictif, et désigne quant à lui uniquement la présence de bactéries, de champignons ou de virus dans le sang. « Le sepsis affecte principalement les individus déjà fragilisés, les nouveau-nés et les personnes âgées », explique l’Institut Pasteur. Dans tous les cas, il induit une réaction immunologique violente, entraînant le dysfonctionnement d’organes potentiellement vitaux.

Le Covid, un exemple parmi d’autres

En 2020, une étude publiée dans The Lancet montrait qu’à Wuhan, épicentre de la pandémie, 100% des décès dus au Covid-19 étaient associés à un sepsis. « Le Covid n’est qu’un exemple de sepsis, qui est en réalité très hétérogène, précisait à la Libre Jean-Louis Vincent, professeur de soins intensifs à l’ULB. Ici, c’est un sepsis viral, mais il peut aussi s’avérer bactérien ou fongique (dû à des champignons). Le patient peut avoir une péritonite, une méningite, une pneumonie, une infection de la peau… Tout organe – ou presque – peut être la source de sepsis, même si le plus souvent il s’agit du poumon et de l’abdomen ».

Avec d’autres spécialistes, le professeur Vincent a pu avancer lundi des pistes de solutions pour mieux reconnaître et traiter le sepsis en Belgique. « Le but est de faire prendre conscience aux équipes soignantes de l’importance du sepsis dans la prise en charge des malades hospitalisés en général, pas uniquement les patients Covid, car trop souvent encore on passe à côté, Or, si par exemple les antibiotiques ne sont pas administrés suffisamment tôt faute de diagnostic de sepsis, on peut ne pas arriver à réanimer le patient ». Avec à la clé, une meilleure information pour les patients comme pour le corps médical, et ainsi, des vies sauvées….

Plus d'actualité