Une gaffe a rendu identifiables les tombes de djihadistes de Paris et Bruxelles

Les services du cimetière ont dû intervenir en urgence pour régler le problème.

Une gaffe a rendu identifiables les tombes de djihadistes de Paris et Bruxelles
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Leurs sépultures auraient dû rester anonymes. Sauf que depuis la semaine dernière, le cimetière multiconfessionnel de Bruxelles, à Evere, a rendu public l’emplacement des tombes des auteurs des attentats de Paris (13 novembre 2015) et de Bruxelles (22 mars 2016). Pendant quelques jours, le grand public a donc pu savoir où elles se trouvaient. Les services d’inhumation ont dû réagir précipitamment lorsqu’un journaliste de la RTBF leur a fait remarquer l’erreur.

«Une bêtise»

Le couac a été rendu possible par la mise en ligne sur le site du cimetière d’un moteur de recherche permettant de trouver en ligne l’emplacement précis de n’importe laquelle des personnes enterrées là-bas. Parmi les 5.000 noms présents dans la base de données, on retrouve notamment trois kamikazes des attentats du 13-Novembre, dont le procès vient de s’ouvrir au tribunal de Paris. Il y a d’abord le frère de Salah Abdeslam, Brahim, qui s’est fait exploser au café-brasserie Comptoir Voltaire. Les deux autres sont Bilal Hadfi, un des kamikazes du Stade de France, et Chakib Akrouh, mort cinq jours après les attentats, dans une cachette à Saint-Denis.

La RTBF note également que deux autres noms bien connus étaient présents. Il s’agit d’Ibrahim El Bakraoui, qui s’est fait exploser à l’aéroport de Zaventem, et de Khalid Ben Larbi, un des deux terroristes morts lors des attentats déjoués à Verviers. La télévision publique belge note ce lundi matin que ces deux personnes, comme les trois précédentes, ont été supprimées du site du cimetière.

«C’est une bêtise de notre part, une erreur. Quand j’ai publié ces données, j’ai oublié d’enlever ces noms», nous explique le responsable de l’intercommunale d’inhumation. «Il n’y a jamais de personnes rassemblées près de ces tombes et je n’y ai plus pensé. Et depuis la publication du module sur le site, il ne s’est rien passé d’ailleurs. Il n’y a que les familles qui vont sur place. Mais je suppose que vu l’ouverture du procès à Paris, il y en a qui cherchent, d’où le fait que cela ait été repéré».

Par ailleurs, la RTBF note que rien ne permet légalement d’interdire en Belgique que des personnes soient rapatriées pour être enterrées, qu’importe qu’elles soient terroristes ou pas.

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