Après le steak de soja, le poisson végétal

Des industriels cherchent une alternative végétale plus convaincante au poisson et aux fruits de mer pour lutter contre la surpêche.

Après le steak de soja, le poisson végétal
– Unsplash

 

Après la viande sans viande, le poisson sans poisson. C’est la nouveauté food qui va tenter de séduire les végétariens et autres personnes sensibles aux problèmes environnementaux liés à la surpêche et aux risques pour la santé. Plusieurs industries à travers le monde se lancent en effet dans la production de poisson végétal, rapporte Slate.

Des crevettes à base d’algues et de haricots mungos, du thon cru à base de tomates… Les formules varient en fonction des fabricants comme New Wave Foods ou encore Ocean Hugger Foods. Parmi les entreprises les plus connues, le géant Nestlé a déjà lancé son Vuna, une alternative végane au thon, faite de protéines de pois. « C’est simplement une façon plus intelligente de produire des fruits de mer », affirme Mirte Gosker, directrice générale par intérim du Good Food Institute Asia Pacific, une association à but non lucratif qui promeut la protéine alternative.

Séduire les non-végétariens

Plébiscités par les consommateurs, les steaks végétaux, à base de soja, de tempeh ou encore de seitan, fleurissent dans les rayons des supermarchés. Les poissons végétaux, un peu moins. Aux Etats-Unis, ces derniers ne représentent actuellement que 0,1% des ventes selon le Good Food Institute, contre 1,4% pour les viandes alternatives. Mais cela pourrait rapidement évoluer car les investissements sont de plus en plus importants dans ce secteur : 83 millions de dollars en 2020, soit quatre fois plus qu’en 2019. Rien que pour la première moitié de cette année, 70 millions de dollars ont été alloués aux entreprises de produits de la mer à base de plantes.

Mais pour pouvoir séduire les non-végétariens, les produits doivent encore être améliorés, en particulier le poisson cru, en tentant de se rapprocher davantage du goût et de la sensation en bouche originaux. Le grand défi à relever ? « Recréer une structure de manière vraiment convaincante », souligne Jacek Prus, directeur général de l’entreprise de protéines alternative Kuleana, au New York Times.

Du poisson in vitro

L’étape suivante est celle des poissons et fruits de mer cultivés à partir de vraies cellules dans un laboratoire. Cette technologie est encore loin de la commercialisation à grande échelle, mais peut-être pas aussi loin qu’on pourrait le penser. Jusqu’à présent, une seule entreprise vend des protéines cultivées de quelque nature que ce soit: Eat Just, une start-up californienne dont la vente de nuggets de poulet cultivés a été approuvée à Singapour à la fin de l’année dernière. La Food and Drug Administration a déclaré en octobre dernier que les produits contenant des cellules de fruits de mer cultivées « pourraient bientôt entrer sur le marché américain ». Et bientôt dans nos assiettes ? Pour de nombreux consommateurs, la nourriture artificielle, que ce soit de la viande ou du poisson, reste une énigme.

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