Le 11 septembre, un séisme qui continue à faire trembler le monde

Il y a vingt ans, les États-Unis étaient touchés au cœur. Un choc planétaire qui a encore des conséquences en Amérique, en Orient... et en Belgique.

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C’est presque devenu un cliché, tant ça a été répété à propos de l’événement : tout le monde, ou presque, sait ce qu’il faisait le mardi 11 septembre 2001 en début de matinée, lorsque le World Trade Center, puis le Pentagone, étaient frappés par les terroristes. Dans l’histoire récente, aucun événement n’a en effet provoqué un tel choc et une telle stupeur, à l’échelle planétaire.

Avec trois des quatre cibles atteintes à New York et Washington (le dernier avion, le vol 93 de United Airlines n’ayant jamais atteint le Capitole, grâce à la révolte des passagers), les dix-neuf kamikazes d’Al-Qaïda ont perpétré les pires attentats de l’histoire moderne.

Bilan : 2.977 morts, des milliers de blessés. Auxquels il faut désormais ajouter les 65.000 personnes recensées par le Centers for Disease Control (centre des contrôles des maladies, une agence de santé fédérale) ayant déclaré avoir eu une maladie liée au nuage de poussières et de fumées toxiques qui s’est abattu sur New York, après l’effondrement des deux tours. Nombreux sont les survivants, pompiers et sauveteurs qui ont par la suite contracté des cancers. Depuis vingt ans, le 11 septembre continue à tuer.

« Avec nous, ou avec nos ennemis »

Frappés au plus profond de leur âme, touchés dans leur orgueil de première puissance mondiale soudain vacillante, les États-Unis ont cherché à riposter. À se venger. « Commander in Chief », George W. Bush entraîna son pays, et le monde, dans une guerre totale contre le terrorisme. « Vous êtes avec nous, ou avec nos ennemis », lança-t-il à la communauté internationale. Il n’y avait désormais plus que deux camps : celui du Bien, et celui du Mal. Avec l’accord des Nations unies, la guerre d’Afghanistan débuta un mois plus tard, pour châtier les talibans, qui avaient hébergé Al-Qaïda et son chef, Oussama Ben Laden. Une occupation qui s’est achevée, comme chacun sait, avec le retour triomphant des talibans à Kaboul, et le retrait, il y a quinze jours, du dernier soldat américain.

Une deuxième guerre eut lieu en 2003, sans l’aval de l’ONU et avec l’argument de la présence, sur le sol irakien, d’armes de destruction massive. Argument depuis complètement invalidé. Si le régime de Saddam Hussein était bien une des pires dictatures qui soient, il permettait de faire tenir ensemble une société irakienne tout sauf homogène sur les plans religieux et ethnique. « En décapitant ce régime, c’est en quelque sorte le couvercle que l’on retirait sur une réalité qui ne demandait qu’à exploser », expliquait ce samedi le politologue Michel Liégeois à l’Avenir. Une bombe à fragmentation, dont les secousses les plus notables pour la région comme pour l’Occident furent l’émergence de Daesh, et l’internationalisation croissante du terrorisme, qui frappa à plusieurs reprises sur le sol européen, dont la Belgique.

Ce fut aussi, la porte ouverte vers le développement accéléré de la société de surveillance, avec le « Patriot Act » qui limita les libertés aux États-Unis, et qui fît une série de rejetons dans nos sociétés occidentales. Même en Belgique, où notamment sur la question de la gestion des bases de données, une « société de contrôle permanent » s’est peu à peu mise en place, jugeait dans l’Avenir le directeur d’Amnesty International Belgique. « Pour moi, en un sens, les terroristes ont réussi à rendre notre société moins libre », estimait Philippe Hensmans.

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