La Belgique n’enverra pas de ministre à la conférence de l’Onu contre le racisme

« Il est évident que cette conférence est devenue un lieu où la parole antisémite et parfois révisionniste a tenu le haut du pavé », a expliqué la ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès.

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La Belgique n’enverra pas de ministre à la conférence de l’Onu contre le racisme le 22 septembre prochain à New York, aux États-Unis. Le Conseil des ministres restreint (kern) a pris une décision en ce sens vendredi, a confirmé la ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès à l’agence Belga. Une représentation non politique sera toutefois présente, selon des modalités encore à préciser.

L’événement marquera le 20e anniversaire de la Conférence mondiale contre le racisme (WCAR), qui a eu lieu à Durban, en Afrique du Sud, en 2001. « Sans reléguer et ignorer l’héritage qu’a laissé la conférence de Durban, je pense notamment au travail remarquable de Louis Michel (ministre des Affaires étrangères à l’époque, ndlr) sur les plans d’action nationaux de lutte contre le racisme, il est évident que cette conférence est devenue un lieu où la parole antisémite et parfois révisionniste a tenu le haut du pavé », déplore la ministre. « Nous ne souhaitons pas valider cela par une présence ministérielle ».

Pressions de la N-VA

Toutefois, « nous continuerons à exprimer fort notre volonté de lutter contre le racisme et l’antisémitisme », ajoute la ministre, qui confirme que la Belgique enverra une représentation non politique avec « une parole qui se veut forte ». « La Belgique tient très haut dans son agenda la question du racisme et de l’antisémitisme. L’accord de gouvernement prévoit un plan d’action interfédéral contre le racisme dans le cadre de la Conférence interministérielle chargée de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme que j’avais mise sur pied pendant mon mandat de Première ministre ».

Fin août, le président de la N-VA (opposition), Bart De Wever, et le parlementaire Michael Freilich avaient appelé la Belgique à boycotter la Conférence. Selon eux, elle a, au fil des ans, « été détournée par les pays arabes et les ONG d’extrême gauche et dégénéré en un festival de haine contre les Juifs et Israël. » « La N-VA regrette cette attitude molle et lâche du gouvernement », réagit M. Freilich dans une réaction envoyée à Belga vendredi. Soit vous trouvez que cette conférence est une bonne chose, et vous y envoyez vos ministres, soit vous pensez que la conférence encourage l’antisémitisme, alors vous n’y allez pas du tout. Avec la N-VA au gouvernement, une participation n’était certainement pas à l’ordre du jour et nous suivions la position claire de la France, des Pays-Bas et de l’Allemagne. »

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