L’immortalité, la nouvelle lubie des milliardaires

Après l'espace, c'est le nouveau fantasme des milliardaires de la Silicon Valley. Jeff Bezos et d'autres fortunés investissent désormais dans une start-up pour trouver la formule de l'immortalité.

Jeff Bezos
Jeff Bezos – Reuters

 

Il faudrait une éternité pour arriver au bout des fortunes accumulées par les milliardaires de ce monde, dont Jeff Bezos, le plus riche d’entre tous. Et ça, l’ex-patron d’Amazon semble l’avoir bien compris. Selon la très sérieuse MIT Technology Review, l’homme qui a récemment réalisé son rêve d’espace ferait partie des riches investisseurs qui ont misé sur une nouvelle start-up dans la biotech au projet plus tout à fait fou. Nommée Altos Labs, celle-ci est spécialisée dans la médecine régénérative et le rajeunissement cellulaire – autrement dit, la recherche de l’immortalité.

La société, fondée par un autre milliardaire, Iouri Milner, l’un des premiers à avoir investi dans Facebook, n’est pas la première à se lancer dans ce pari. Mais elle est l’une des seules à avoir attiré de tels mécènes. Selon Will Gornall, professeur d’économie à l’Université de Colombie-Britannique cité par Usbek&Rica, elle aurait déjà levé au moins 270 millions de dollars.

La fine équipe

Grâce à ces investissements et son fondateur multimilliardaire, Alto Labs peut s’entourer des plus grands spécialistes en matière de reprogrammation biologique, en leur proposant des salaires dignes des plus grands footballeurs. Dans l’équipe scientifique, on trouve donc Jennifer Doudna qui, avec la Française Emmanuelle Charpentier, a remporté le prix Nobel 2020 de chimie pour son travail sur Crispr-Cas9, le « couteau suisse de l’édition du génome », ou encore le Japonais Shinya Yamanaka, prix Nobel de médecine en 2012, à l’origine d’une découverte de taille sur la reprogrammation cellulaire : celle-ci permet de reprogrammer des cellules humaines adultes afin d’obtenir des cellules souches capables de se multiplier à l’infini et de se différencier en n’importe quel type de cellules.

Figurent aussi parmi ces têtes savantes Steve Horvath de l’UCLA, inventeur de l’horloge épigénétique, qui peut mesurer avec précision le vieillissement humain, ainsi que Juan Carlos Izpisúa Belmonte du Salk Institute, qui s’est fait connaître en 2016 pour avoir mis au point un protocole expérimental permettant de ralentir, et même d’inverser, le processus de vieillissement chez des souris transgéniques.

Avec cette belle équipe, Altos Labs espère se mesurer à son principal concurrent sur le marché, Calico Labs, entreprise fondée en 2013 par le cofondateur de Google, Larry Page, qui partage le même objectif sans avoir réalisé de progrès substantiels depuis lors. Il faut dire que la recherche en matière de rajeunissement cellulaire est encore balbutiante, mais les promesses sont bien réelles. Ces scientifiques espèrent découvrir la clé permettant à des organes entiers de se régénérer et ainsi offrir un « élixir de vie » aux humains. Ou du moins à celles et ceux qui pourront se le payer.

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