L'homosexualité, dernier tabou du foot?

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De peur de se voir refuser les portes des vestiaires, de nombreux footballeurs n’osent pas sortir du placard. Docu à charge sur un milieu trop hétéro pour être honnête. 

Robbie Rogers est le seul pro en activité étiqueté "gay" et ça ressemble à une feinte de tir car il avait annoncé en même temps son homosexualité et sa retraite avant de rejoindre l’équipe de L.A. En Europe, le prometteur Marcus Urban avait préféré raccrocher les crampons et l’ancien coéquipier de Platini, Olivier Rouyer a attendu la fin de sa carrière pour partager son orientation sexuelle. Dans les années 80, Justin Fashanu, premier footballer noir anglais qui devait croire que tout était possible avait essayé. Ses fans (et ses proches) l’ont désavoué, sa carrière s’est effondrée, il s’est suicidé. Pas d’exemple charismatique et joyeux pour les jeunes en formation auxquels on demande de "montrer qu’ils ne sont pas des pédés". Les probabilités veulent que les joueurs ne rêvent pas tous de filles nues, mais l’éventuel coming out d’un équipier terrorise les amateurs interrogés entre deux entraînements: "Dans les douches ont aurait peur qu’il nous regarde, on ne se changerait plus à côté de lui". C’est d’une profonde bêtise mais comment en vouloir à ces gamins quand on revoit l’extrait du Grand Journal (mars 2005) avec le mythique David Ginola expliquant qu’il n’a jamais vu un homosexuel dans un vestiaire car, vous comprenez, il l’aurait su puisqu’"un homosexuel quand il rentre dans une douche, il est entouré de verges masculines, s’il est en pleine force de l’âge…". Ça a dû le travailler de ne faire bander personne car le docu n’en parle pas, mais, en 2011, El Magnifico a fait la couverture du magazine Têtu, installé dans un fauteuil Emmanuelle. Certaines poses sont presque aussi ridicules que les propos d’il y a dix ans mais, comme tant d’autres, finalement il semble en avoir eu ras le bol de ces préjugés qui brisent des carrières et des vies.

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