Inondations : quand et comment les assurances vont-elles intervenir ?

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Une bonne partie des dégâts matériels causés par les inondations seront pris en charge par les compagnies d’assurances. Dans quels délais, pour quels biens… On fait le point.

À peine retirées, les eaux ont laissé la place à la désolation et pour beaucoup, à des pertes colossales. Et alors que la sidération n’est pas encore complètement retombée, il faut déjà passer par la case assurances. Tout sauf une partie de plaisir.

Mais l’étape est inévitable ; le mieux à faire est d’avertir votre assureur le plus rapidement possible. Votre couverture incendie (ou habitation) interviendra pour le bâtiment et pour son contenu. Vous devrez cependant vous acquitter d’une franchise (de 200 à 1300 euros environ, selon les contrats).

Lister les dégâts

Si ce n’est pas déjà fait, la priorité est donc d’avertir votre assureur. Celui-ci répondra à vos questions urgentes et vous donnera des conseils pratiques. Par la suite, il planifiera la visite d’un expert et organisera le règlement des dommages. Les polices incendie prévoient de plus en plus fréquemment un volet « assistance » pour les cas urgents. Relire les conditions de votre contrat vous permettra de savoir de quels services vous pourriez bénéficier (service de garde-meubles ou de garde d’animaux domestiques, par exemple).

L’autre priorité est de dresser une liste exhaustive des dégâts, une fois l’eau retirée et la boue nettoyée. Aidez-vous de photos/vidéos, qui serviront de preuve. « Ceci permettra à l’expert ainsi qu’à vous-même de gagner beaucoup de temps par la suite », indique sur son site Assuralia. Joignez au listing un maximum de factures d’achat, de photos antérieures au sinistre, etc. « Si vous êtes dans l’impossibilité de produire de tels documents, fournissez une brève description de l’objet et précisez l’année probable de son achat », indique encore l’union professionnelle des entreprises d’assurance.

Meubles, appareils électroménagers, chaudière, objets… tous les dégâts doivent être inventoriés. Un expert, votre courtier ou un agent de l’assurance pourront vous aider dans cette démarche, qui va s’avérer interminable pour certains. Afin de limiter au maximum les dommages, n’attendez pas la visite d’un expert pour effectuer les travaux les plus urgents. Mais attention : pas question de procéder aux réparations définitives tant que le constat n’a pas été dressé. Même chose avec les objets abîmés, qui doivent être conservés.

Logements en zone inondable

Une exception: si votre habitation a été construite sur une zone inondable, l’assurance incendie ne joue pas automatiquement. Si votre habitation a été construite avant 2007, pas de problème : vous serez indemnisés.

Par contre, si elle a été construite après 2007, il est possible, en fonction de votre contrat, que vous ne soyez pas couvert.

Quid de la voiture ? Et du jardin ?

Votre véhicule ne sera couvert que si vous avez souscrit à une omnium ou une petite omnium. Si vous êtes couvert, l’assurance prendra en charge les réparations éventuelles ou l’ensemble (ou une partie) de la valeur du véhicule, si celui-ci est déclassé.

En principe, l’assurance incendie de base ne couvre pas les dégâts dans votre jardin. Dans certains contrats, une intervention est prévue en cas de dégradation d’une serre, d’un abri ou d’une piscine. Dans le cas contraire, la seule option sera d’introduire une demande d’indemnisation auprès du Fond des calamités publiques.

Calamité naturelle publique

En théorie, le Fonds, régionalisé depuis 2014, n’indemnise plus qu’en cas de dommages agricoles ou horticoles (ou lorsque la victime n’est pas couverte contre l’incendie et émarge au CPAS). Sous certaines conditions, le Fonds peut toutefois accorder une aide financière lorsque un bien (non couvert par l’assurance incendie) a été endommagé par un phénomène naturel reconnu comme calamité naturelle publique.

La Wallonie a initié une procédure de reconnaissance de calamité publique. Dans ce cadre, le Centre régional de crise a été chargé de demander à l’Institut royal météorologique un rapport analysant les phénomènes d’inondations sur l’ensemble du territoire wallon. Dès réception de ce rapport, le gouvernement prendra un arrêté de reconnaissance des inondations comme calamité publique. Jeudi le ministre-président wallon Elio Di Rupo (PS), jugeait que c’était « une évidence que l’on va reconnaître [les inondations] comme une calamité nationale ». La Flandre a également sollicité l’avis de l’IRM dans ce sens.

Des avances possibles

Vu l’ampleur des dégâts, experts et assureurs sont débordés. Il vous faudra probablement plusieurs semaines (au moins) de patience avant d’être indemnisé. En théorie, il faut attendre que l’expert établisse d’abord son rapport final, avant que l’indemnité soit ensuite calculée. Puis, seulement, les fonds seront versés sur votre compte, « dans les 30 jours qui suivront la conclusion de l’accord au sujet du montant des dommages », indique Assuralia.

Mais certains sinistrés vont pouvoir bénéficier d’une avance. Pour les ménages confrontés à des dégâts supérieurs à 5000 euros, des avances peuvent être libérées rapidement afin de couvrir des frais directs comme l’achat de vêtements ou d’un frigo. « Les dégâts complets seront couverts plus tard », a expliqué Wauthier Robyns (Assuralia) aux journaux De Morgen et Het Belang van Limburg. Les assurances se pencheront en priorité sur les dossiers les plus graves afin d’administrer ces avances.

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