Ces pays où l'épidémie de Covid repart à la hausse

Rétropédalage à Lisbonne face à la hausse des contaminations. - AFP
Rétropédalage à Lisbonne face à la hausse des contaminations. - AFP
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Alors que les signaux sont au vert en Belgique, dans d'autres pays, l'heure n'est plus au relâchement.

Depuis plusieurs semaines, la situation sanitaire est en constante amélioration sur le territoire belge. Tous les indicateurs sont en baisse. On compte moins de 450 nouvelles infections par jour, contre plus de 2.400 il y a un mois. Sur le plan hospitalier, on devrait même passer prochainement sous la barre des 200 patients en soins intensifs. Mais ailleurs, en Europe ou dans le reste du monde, les nouvelles ne sont pas toujours aussi bonnes.

Le cas britannique est particulièrement criant. Alors que le Royaume-Uni a vacciné - totalement - 58% de sa population adulte, le pays fait face, après un sentiment de victoire face au virus, à une brusque dégradation ces derniers temps. Jeudi dernier, les autorités sanitaires ont enregistré plus de 11.000 nouveaux cas de contamination en 24 heures. Un seuil qui n'avait plus été dépassé depuis fin février. Cependant, il est bon de préciser que le tableau n'est pas tout à fait noir puisque le taux de mortalité continue, lui, de rester faible. Ce qui prouve l'efficacité des vaccins pour prévenir les formes graves de la maladie.

Cette hausse, principalement liée à la poussée du variant découvert en Inde, désormais majoritaire Outre-Manche, a forcé lundi dernier Boris Johnson à repousser d'un mois la levée des dernières restrictions sanitaires.

Boris Johnson dans un centre de dépistage de Londres

Boris Johnson dans un centre de dépistage de Londres. - AFP

Lisbonne reconfine

La ville de Lisbonne fait aussi les frais du variant Delta depuis plusieurs jours. Après le Royaume-Uni, où il représente désormais plus de 90% des nouvelles contaminations, le Portugal est le pays le plus touché par cette mutation hautement contagieuse, avec 60% des nouvelles infections dans la région de Lisbonne, contre 15% au nord du pays. C'est pourquoi le gouvernement portugais a décidé jeudi d'interdire les entrées et les sorties de la région centrale pendant le week-end, pour éviter que la hausse des cas de Covid ne se répande au reste du territoire.

« Nous essayons de retarder son arrivée dans les autres régions du pays pour que les gens puissent se protéger davantage grâce à la vaccination », a réagi lundi la ministre portugaise de la Santé, Marta Temido, en admettant que de nouvelles restrictions « peuvent être nécessaires ». « Il faut évaluer au fur et à mesure et nous demandons le soutien de tous pour, autant que possible, éviter des mesures aux conséquences économiques et sociales très lourdes », a-t-elle ajouté, alors que la plupart des pays européens voient dans cette hausse le signe que les restrictions doivent être levées avec parcimonie sur le continent.

« La grande question est de savoir si la vaccination va se poursuivre à un rythme suffisamment rapide pour contrebalancer la propagation de l’infection », a noté Manuel Castro Gomes, professeur d’épidémiologie à la Faculté de sciences de l’Université de Lisbonne. Près de la moitié des quelque dix millions de Portugais ont reçu une dose de vaccin anti-Covid et un peu plus d'un quart ont déjà été entièrement vaccinés. Ce qui n'est pas suffisant.

Moscou subit

À Moscou, l'épidémie s'emballe également. Vendredi, la capitale russe avait enregistré 9.056 nouveaux cas, selon les statistiques des autorités sanitaires, un niveau jamais atteint depuis le début de l’épidémie et le triple du niveau enregistré il y a moins de deux semaines. Le maire de la ville, où la campagne de vaccination patine depuis des mois, a affirmé que cette flambée de Covid-19 était due au variant Delta. « Le plus probable, c'est que nous sommes confrontés à de nouveaux variants, plus agressifs et qui se répandent plus rapidement », a estimé Sergueï Sobianine. « C'est la raison pour laquelle nous voyons une explosion de la morbidité et une forte croissance des hospitalisations. » Face à cette tendance, le maire n'a eu d'autres choix que de réintroduire des restrictions, notamment dans les secteurs horeca et événementiel, mais celles-ci restent limitées pour préserver l'économie.

Moscou

À Moscou, où il faisait plus de 30 degrés ce lundi. - AFP

Israël éteint le feu

En Israël, le Premier ministre Naftali Bennett a mis en garde mardi contre une « nouvelle vague » de contaminations, après une hausse du nombre de malades imputée au variant Delta. 125 nouveaux cas ont été recensés en 24 heures, contre moins de 10 il y a encore une semaine. C'est une première depuis deux mois, dans un pays où près de 60% des citoyens éligibles ont déjà été complètement vaccinés. « Notre objectif est d'y mettre fin, de prendre un seau d'eau et de le verser sur le feu tant que celui-ci est encore limité », a-t-il déclaré.

Pour cela, l'Etat hébreu a réintroduit plusieurs restrictions sanitaires et recommande désormais la vaccination des adolescents de 12 à 15 ans.

Et chez nous ?

Au milieu, l'Europe appelle à la vigilance face à la crainte des variants. « Les indicateurs continuent à diminuer à un rythme accéléré. Mais restons prudents : il y a des exemples de pays en Europe où la tendance s’inverse, comme le Portugal ou la Grande-Bretagne », indiquait ce mardi matin Yves Van Laethem. Le variant Delta gagne d'ailleurs du terrain en Belgique. Selon les derniers chiffres, il représente désormais 15,7% de toutes les contaminations confirmées, contre 6% la semaine dernière.

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