Viktor Orbán affirme pouvoir « limiter le pouvoir du Parlement européen »

Viktor Orban @BelgaImage
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La recette du chef magyar? Simple et efficace: un gros toupet et une très grosse homophobie.

Deux conseils que donnera Viktor Orbán au candidat dictateur. D’abord, faire preuve d’un culot infini. Dans ce registre où il excelle, le petit tyran hongrois nous en a fait une belle ce week-end, affirmant vouloir “limiter le pouvoir du Parlement européen”. Il n’a pas un soupçon de poil de zigounette d’acarien de pouvoir pour cela, mais il le dit. Et son électorat nationaliste le croit. Surtout quand il précise - attention - que l’euro-parlement “ne répond pas aux critères de la démocratie européenne”. Orbán qui trace les contours d’une démocratie, c’est juste aussi culotté que Georges-Louis Bouchez qui nous expliquerait l’humilité. Ah il est fort.

Ce qui reste primordial aussi, pour un despote, c’est de désigner des ennemis. Le bouc émissaire a fait ses preuves, il reste très efficace. Le migrant est un bon placement. Donc Orbán le réprime. Et ses milices ultranationalistes le bastonnent à grands coups de bottes, sans être inquiétées. Les ONG ou les médias indépendants (du pouvoir), c’est bien aussi question vindicte. Alors il les poursuit ou les empêche. Mais le top du vilain qui est très sale, pour le fier dirigeant magyar, c’est l’homo. Son obsession. Depuis que son parti (le Fidesz) a pris le pouvoir, les lois anti-LGBT ­tombent avec un acharnement qui force le respect (des obtus). Dès le début des années 60, l’homosexualité avait pourtant été dépénalisée en Hongrie, et l’union civile entre conjoints de même sexe a été reconnue en 1996.

Depuis 2010 (et Orbán), le mariage homo, l’homoparentalité et l’adoption par des couples de même sexe sont interdits. En 2020, la famille “traditionnelle” et le “genre” sont inscrits dans la Constitution, empêchant le changement de sexe à l’état civil. Pour peaufiner, le Fidesz vient encore de faire adopter une loi interdisant la “promotion” de l’homosexualité auprès des mineurs. Le texte, qui évoque la “pornographie” et la “déviation” des LGBT, entend “protéger les enfants” et “lutter contre la pédophilie”. L’amalgame n’est pas clair? Pas de souci, Orbán nous le précise en s’adressant directement aux homosexuels: “Laissez nos enfants tranquilles!” Voilà, tout cela se passe en Europe. En 2021.

 

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