Accord interprofessionnel : ce qui va changer

Il y a quelques jours, les syndicats manifestaient encore à ce sujet. (Belga)
Il y a quelques jours, les syndicats manifestaient encore à ce sujet. (Belga)
Teaser

Hausse des salaires, heures supplémentaires, pré-pension... Les discussions ont duré longtemps mais un accord a enfin été trouvé.

Les discussions ont été longues, mais elles sont enfin finies. Le groupe des 10, mêlant représentants des syndicats et des associations patronales, a enfin accordé ses violons ce mardi au petit matin. Les différents acteurs devaient aborder plusieurs sujets, sensibles parfois, afin de concrétiser un nouvel accord interprofessionnel. Prochaine étape : il devra être validé par différentes instances, notamment les base des syndicats, puis le gouvernement devra veiller à ce que les décisions prisent soient bel et bien appliquées à l’avenir.

Voici ce qui a finalement été décidé.

Le salaire minimum

C’était le cheval de bataille des syndicats, qui rêvent de leurs fameux 14€ par heure  : faire augmenter le salaire minimum mensuel des employés, qui n’avait pas bougé depuis plus de 12 ans, tout de même. Une hausse qui a été obtenue : dès avril 2022, le salaire minimum passera à 1700 euros brut, puis augmentera encore en 2024 et 2026, soit une hausse de 76€ brut par an.

Cet accord a pu être trouvé car sur ces 76€, 35€ viendront des entreprises et l’Etat devra compenser le reste, pour un coût estimé entre 16 et 33 millions d’euros pour 2022.

En plus clair, cela représente une hausse d’environ 50€ net en 2022, puis 2024 et 2026, du salaire minimum. En 2028, le montant augmentera aussi, mais cela dépendra de la situation à ce moment-là.

« C'est une bonne chose pour les bas salaires, vraiment. J'aurais évidemment préféré que le gouvernement ne mette pas la main à la poche ici, mais cela aidera à arriver à un niveau net décent de salaire minimum », a commenté Thierry Bodson dans la Libre. En effet, la nouvelle a réjouit les syndicats de tous bords, mais aussi le PS.

Les heures supplémentaires

De l’autre côté de la table, une des priorités du patronat était les heures supplémentaires défiscalisées. Leur souhait : augmenter leur nombre, tout simplement. Il était jusqu'à présent fixé à 120 heures volontaires pour les secteurs « essentiels ». Désormais, toutes les entreprises seront sur un même pied d’égalité à ce sujet. 

Une mesure prise dans le cadre de la relance économique, qui ravit les associations patronales. « C'est une bonne mesure pour nous, qui va vraiment participer à la relance de notre économie. De nombreuses entreprises sont en difficultés; ces heures permettront de dynamiser l'activité, sans trop accroître les charges patronales », explique Pieter Timmermans, à la tête de la Fédération des entreprises de Belgique.

Pensions et pré-pensions

Par contre, certaines décisions attendues ont encore été reportées. Par exemple, celle de la prépension. Côté FGTB, on aurait aimé que l’âge minimum diminue à 58 ans. Il restera à 60 ans pour deux ans de plus. Mais des fins de carrières aménagées, à temps partiel, seront possible dès 55 ans.

Idem, pour l’harmonisation des pensions complémentaires entre ouvriers et employés. Elle aura bien lieu mais pas avant 2030. 

Après tant de débats et d’échanges, voilà donc une bonne chose de faite pour les partenaires sociaux, jusqu’à la prochaine fois, évidemment...

« Il est important que les partenaires sociaux soient en mesure de parvenir à un accord en ce moment économique important. La crise Corona a durement touché de nombreuses entreprises et employés. Les mois et années à venir seront marqués par la reprise économique. Dans le même temps, nous devons renouveler en profondeur notre économie et mieux protéger les personnes. Pour ce faire, nous avons besoin de partenaires sociaux capables de conclure des accords autour de la table de manière constructive et positive », a commenté le Premier ministre Alexander de Croo.
 

Sur le même sujet

Plus de Actu

Notre Selection