Tac au tac: Michel Drucker

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Teaser

Après de graves soucis de santé, il est revenu en télé. Inoxydable, il raconte tout dans Ça ira mieux demain.

Votre livre s’intitule Ça ira mieux demain. Comment ça va aujourd’hui?
Ça va mieux qu’hier. J’ai repris la télé, mais je continue la rééducation – et c’est du boulot! Un vrai boulot d’endurance pour reprendre tout le poids que j’avais perdu.

Vous ne fumez pas, vous ne buvez pas, vous faites du sport, vous grimpez le mont Ventoux, vous avez une hygiène de vie exemplaire et vous vous êtes retrouvé - ce sont vos mots - avec "le cœur de Gérard Depardieu"
C’est le grand mystère. Les chirurgiens m’ont dit que c’était probablement génétique, ma maman a terminé sa vie cardiaque. J’ai eu la malchance d’attraper cette bactérie, un streptocoque, qui a contaminé une partie de mon cœur et m’a obligé à me faire opérer, même si ça n’a rien à voir avec le triple pontage que j’ai subi. Pourquoi j’avais les coronaires bouchées, alors ça… Je pense que c’est le stress. J’ai été très stressé ces dernières années, avec la peur de disparaître puisque les plus de 60 ans ont tous été dégagés de France Télé…

Vous aviez vraiment peur?
J’avais peur de ne plus pouvoir faire mon métier. Mon métier, c’est ma passion. Et c’est un privilège, il y a tellement de gens qui travaillent pour gagner leur vie dans un emploi qui ne leur correspond pas et qui attendent leur retraite avec impatience…

À la veille de votre opération, vous dites à l’anesthésiste que si ça se passe mal, il faut vous débrancher. Vous imaginez les millions de gens tristes?
En même temps, est-ce que ces gens-là n’auraient pas eu la même tristesse de me voir diminué?

Mais vous êtes la reine d’Angleterre des Français!
J’aimerais bien avoir la longévité et la forme de la reine d’Angleterre…

Sur les réseaux sociaux, tout le monde dit que vous êtes inusable, inoxydable et increvable.
Je l’ai cru jusqu’au moment où j’ai été trahi par mon coeur. Maintenant qu’on m’a tout refait, les chirurgiens m’ont dit que j’étais reparti pour vingt ans! 


Vous avez été hospitalisé sous le pseudonyme de Fiacre Diocard. Avez-vous été mieux traité que les autres patients?
Non. Dans l’hôpital public, en France, riche ou en état de précarité, célèbre ou inconnu, on est soigné de la même façon. Bien sûr, si Diocard qu’on connaît plus sous les traits du gars du canapé du dimanche sort les pieds devant, ça fait un peu désordre.

Les gens vous reconnaissaient dans le couloir?
Non, j’ai mis longtemps avant de faire quelques pas, mais quand même, il y a deux ou trois infirmiers…

Qui vous ont demandé un selfie?
Non, mais une infirmière qui dit à l’autre, pensant que je dormais: “Qu’est-ce que ça grossit, la télé”. J’avais perdu dix kilos! Un autre qui pensait aussi que je dormais et qui s’est penché pour me dire “Dis donc, il s’ennuyait pas, Claude François, elles étaient bien gaulées, les Clodettes”.

Sur cette infirmière pas très délicate avec vous, vous écrivez “Quelle conne. Putain, bordel”. Pas très Drucker, ce vocabulaire…
Oui, mais je lui dis “si vous lisez ce livre, je vous remercie” car il faut des nerfs d’acier pour faire son métier. 

Ces femmes ont fait votre toilette! 
Et à ce moment-là, on n’est plus célèbre, on n’est plus l’homme du canapé, on est un enfant.

Ça ira mieux demain, Robert Laffont, 298 p.
 

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