Eurovision: quel bilan pour la Belgique depuis la première édition?

Laura Tesoro représentant la Belgique lors de la finale de 2016 @BelgaImage
Laura Tesoro représentant la Belgique lors de la finale de 2016 @BelgaImage
Teaser

Les chanteurs belges ont eu leurs moments de gloire mais ces dernières années, ils sont soit très appréciés, soit pas du tout.

Ce samedi, Hooverphonic tentera de gagner le célèbre concours Eurovision de la chanson à Amsterdam. C’est la première fois depuis Blanche en 2017 que la Belgique est représentée en finale. A priori, les chances de l’emporter sont (très) faibles. Elle est classée 21ème par les bookmakers et 15ème par Spotify sur 26 candidats. Dans les deux classements, c’est l’Italie qui est en tête, suivie par la France et Malte chez les bookmakers et par la Suède et la Finlande pour Spotify. Mais depuis 1956, comment se débrouille la Belgique sur la scène de la plus grande compétition musicale du continent? On fait le point.

De bons et de mauvais souvenirs

Membre fondateur de l’Eurovision, la Belgique a participé à toutes les éditions sauf en 1994, 1997 et 2001. Ces années-là, le prétexte était généralement les trop faibles résultats obtenus par les candidats belges. Ils étaient en effet classés derniers, que ce soit en 1993 (avec Barbara Dex chantant Iemand ald jij) ou en 2000 (Nathalie Score, Envie de vivre). Ce n’était pourtant par les premières fois que la Belgique finissait tout en bas du classement. Depuis la première édition, elle a fait la même piètre performance à six reprises (1961, 1962, 1965, 1973, 1979 et 1985).

Mais un tel millésime n’est pas forcément de mauvais augure pour la suite. Le meilleur exemple, c’est bien sûr 1986. Cette année-là, Sandra Kim remporte le concours avec J’aime la vie, devenant ainsi la seule Belge à ce jour à avoir accompli cet exploit. Avant elle, le meilleur classement belge, c’était la deuxième place, obtenue en 1978 (Jean Vallée, L'amour ça fait chanter la vie). Deux autres participants avaient également obtenu la quatrième place, en 1966 (Tonia, Un peu de poivre, un peu de sel) et 1982 (Stella, Si tu aimes ma musique).

À remarquer que toutes ces chansons sont en français, preuve que cette langue était encore porteuse à l’époque. Mais elle n’était pas du tout un gage de succès, comme le prouvent notamment les années 1962 et 2000. En moyenne, le français était néanmoins plus apprécié que le néerlandais. Pour rappel, jusqu’en 1996, les chansons représentant la Belgique étaient une année sur deux en français et l’autre en néerlandais, sauf exception.

La nécessité de composer avec une Europe différente

Les années 1990 ont été une période de remise en question. La guerre froide prend fin et le continent change. La première conséquence, cela va être le choix de la langue pour les candidats à venir. Le néerlandais ne sera jamais utilisé après 1996. En 2005, le français fera lui aussi son chant du cygne avec Le Grand Soir de Nuno Resende. Désormais, l’anglais fait loi. Il a le mérite d’être compris dans toute l’Europe et a priori, c'est une bonne chose pour l'emporter. L’anglais peut aussi être vu comme une langue plus neutre pour le candidat d’un pays où la question linguistique est sensible. En de rares occasions, la Belgique choisira par ailleurs… une langue imaginaire. C’était le cas en 2003 avec Sanomi de Urban Trad, et en 2008 avec O Julissi d’Ishtar. Le premier groupe finira 2e, alors que le deuxième ne passera même pas la phase des demi-finales.

Les demi-finales justement, c’est l’autre grand changement provoqué par la chute du rideau de fer. Les pays candidats se multiplient et il faut créer une phase qualificative (seuls quelques grands pays arrivent automatiquement en finale). Pour la Belgique, cette nouvelle épreuve est à la fois une force et une faiblesse. Une force parce que quand elle réussi à la passer, elle a généralement de très bons résultats. C’était le cas en 2010 (Tom Dice, Me and My Guitar, 6e en finale), 2015 (Loïc Nottet, Rhythm Inside, 4e) et 2017 (Blanche, City Lights, 4e). Mais c’est aussi une faiblesse. La Belgique a ainsi été éliminée les deux tiers du temps lors de la demi-finale depuis que cette étape existe.

C’est dans ce contexte que l’arrivée en finale d’Hooverphonic constitue une bonne nouvelle. Par contre, si les bookmakers ne se trompent pas, la Belgique devrait pour une fois passer les demi-finales sans pour autant briller à la ligne d’arrivée. Ce sera une première pour le pays. Mais il arrive que les parieurs se trompent. Si tel est le cas, la Belgique peut espérer finir plus haut dans le classement, comme par le passé.

Sur le même sujet

Plus de Aucun nom

Notre Selection