Rajae Maouane (Ecolo): dérapage ou communication ciblée ?

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La co-présidente d'Ecolo est adepte de messages virulents sur les réseaux sociaux qui n'évitent pas toujours la polémique. La communication d'une franc-tireuse ou une stratégie bien pensée ? Décryptage.

C'est un post Instagram (rapidement effacé) de la co-présidente d'Ecolo qui a créé la polémique. On y voyait un lanceur de pierres palestinien avec, en arrière fond, la chanson « Wein al Malayeen » de la chanteuse libanaise Julia Boutros, considérée proche du Hezbollah. Plusieurs partis ont fustigé ce post et la Ligue belge contre l'antisémitisme a considéré que Rajae Maouane appelait à la haine contre les Juifs.

Certes, le feu est retombé lorsque l'ABP (Association belgo-palestinienne) et l'UPJB (Union progressiste des juifs de Belgique) et l'ASBL De-Colonizer ont, dans un communiqué commun, donné leur soutien à la co-présidente des Verts. Elle même s'est excusée : « En accompagnant cette photo d’un court extrait d’une chanson, mon intention n’était nullement de heurter qui que ce soit. Si tel est le cas, je le regrette ». Mais ce n'est pas la première fois que Rajae Maouane communique de manière un peu trop militante pour certains. Alors que son parti est au pouvoir en coalition, cela la met mal.

Pas la première fois

Ainsi, récemment, elle a lancé une pique à son partenaire du PS à Bruxelles en revenant sur la décision de la Justice condamnant la Stib pour avoir licencié une femme portant le voile. Elle se dit en faveur du port du voile dans les lieux publics, saluant la décision de justice... Problème, il s'agit d'un sujet sensible jusqu'au sein de son parti.

Auparavant, elle s'était attaquée à Gérald Darmanin et au gouvernement français dans un post Instagram après une sortie du ministre français de l'Intérieur sur le communautarisme et « les rayons de cuisine communautaire » dans les supermarchés. L'ambassadeur de France à Bruxelles était venu chercher des explications...

Nouvelle forme de communication politique

Bref, la question se pose. Rajae Maouane a-t-elle la gâchette un peu trop facile ? Ne la jouerait-elle pas un peu trop en solo et de manière trop militante dans sa communication ? Est-ce le rôle d'un chef de parti de ruer comme ça dans les brancards sur des sujets de société aussi épineux ?

A voir... Certains observateurs de la communication politique y voient plutôt une communication pensée qui vise à toucher les moins de trente ans. Instagram et les réseaux sociaux sont de nouveaux canaux que les partis commencent à utiliser à des fins électorales. On l'a vu avec le Vlaams Belang qui a fait un score historique en investissant dans la communication digitale. Le MR s'y est également mis et Ecolo, donc, a aussi des atouts de ce côté.

D'autant que pour parler aux jeunes, rien de tel qu'un candidat jeune. A 32 ans, Rajae Maouane fait partie de cette génération militante qui a grandi avec internet et dont le féminisme, le décolonialisme et l'anti-racisme sont les combats politiques de base. Parle-t-elle avec son coeur ou avec sa tête ? Sans doute un peu des deux. Reste maintenant à savoir si cette communication directe et virulente sera payante... A suivre aux prochaines élections en 2024.

 

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